Les autorités ouvrent une enquête

Cameroun: Affrontements entre tendances islamiques rivales dans une mosquée

Yaoundé, 25 septembre 2000 (APIC) Les autorités camerounaises ont ouvert une information judiciaire contre des musulmans de l’ouest du pays à la suite de violents affrontements entre confréries musulmanes, les 9 et 11 septembre derniers. Les autorités du pays entendent établir les responsabilités dans ces troubles, qui avaient violemment opposé des fidèles d’obédience tidjane (sunnites modérés) et wahabites (intégristes). Les bagarres avaient fait un nombre importants de blessés, et laissé de gros dégâts matériels.

Les tidjanes, plus nombreux, pratiquent un islam tolérant et traditionaliste, alors que les wahabites, proches de l’Arabie Saoudite, remettent en cause cette pratique religieuse millénaire. Ces derniers veulent imposé une nouvelle méthode de prière, se targuant d’avoir plus de connaissances islamiques acquises dans les universités arabes des pays du Golfe. Souvent financés par l’Arabie Saoudite, ces étudiants, connus pour leur intolérance, ont suivi une formation théologique dans les universités du Soudan, du Koweit et d’Arabie Saoudite, notamment.

Depuis les heurts, la mosquée centrale de Foumban, à 400 km à l’ouest de Yaoundé, est fermée et placée sous la surveillance d’un contingent de gendarmes. Le sultan local, Ibrahim Mbombo Njoya, a déclaré que ceux qui sont à l’origine des violences dans la mosquée, ne sont «qu’une poignée d’égarés». Le souverain Njoya est une personnalité puissante et influente. Il règne sur un royaume de 100’000 habitants, fondé par ses ancêtres au 17e siècle.

L’imam d’une autre mosquée voisine de la ville, Issa Teyfoura, a renvoyé dos à dos les deux parties en conflit. «Lorsque des musulmans se combattent, celui qui est mort et celui qui a tué, iront en enfer, a-t-il déclaré. Selon lui, en s’affrontant dans la mosquée, tidjanes et wahabites ont délibérément outragé le coran.

Vendredi dernier, un prince a été entendu par les enquêteurs. Il a estimé que cette tension entre confrérie est liée à son limogeage, début août, de ses fonctions d’adjoint au sultan et de responsables des Affaires islamiques dans le royaume, essentiellement musulman. Le calme relatif qui prévaut à Foumban laisse couver une tension latente, a rapporté un témoin.

Selon d’autres témoignages, le conflit revêt un aspect politique. Le souverain est un proche du pouvoir. En revanche, le médiateur du conflit, Adamou Ndiamdioya, est un opposant. Il a créé récemment un parti politique et dirige une mairie. (apic/ibc/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/cameroun-affrontements-entre-tendances-islamiques-rivales-dans-une-mosquee/