Jean Paul II reçoit les Suisses: « Vous êtes ici chez vous »
Par Marie-José Portmann, de l’APIC
Rome, 25 septembre 2000 (APIC) Il est bientôt 11h30, ce lundi 25 septembre, à la basilique Saint-Pierre de Rome. Après la pompe et le faste déployés au cours de la messe interdiocésaine, concélébrée par Mgr Amédée Grab entouré de tous les évêques et cardinaux suisses, le silence s’est fait dans l’édifice. Les 4’000 regards des pèlerins suisses venus à Rome pour l’Année sainte guettent l’ouverture de la Porte sainte. Tout à coup, les faces s’illuminent, les mains agitent des mouchoirs et la foule entière applaudit: « Jean Paul II, les Suisses t’aiment! »
Le pape gravit sans aide les marches de l’autel avant de gagner sa cathedra et de lever vers l’assemblée un visage détendu et attentif. Mgr Grab l’accueille en disant à quel point fêter le jubilé au tombeau de saint Pierre comble les pèlerins suisses. Il rappelle que Jean Paul II s’était lui-même recueilli sur la tombe de saint Nicolas de Flue, lors de son voyage en Suisse, en1984. Il lui remet l’enveloppe contenant les dons des diocèses suisses ainsi que la médaille en or frappée par la Conférence des évêques suisses à l’occasion du Grand Jubilé.
Après avoir salué les évêques et les cardinaux d’origine suisse, d’une voix gaie et assurée, le pape se tourne vers les pèlerins. Il s’exprime, tour à tour et presque sans accent, en allemand, en français et en italien. « Vous avez franchi la Porte de l’Année sainte, symbole du Christ qui a dit lui-même, je suis la porte. Le monde actuel ouvre des portes dont beaucoup ne débouchent ni sur l’accomplissement de soi, ni sur le bonheur. Des portes qui peuvent conduire l’être humain vers le vide et les dépendances. »
Aider les jeunes dans leur croissance personnelle
« Un pèlerin en rentrant de Rome peut indiquer le chemin à ceux qui aspirent à une vie pleine de sens ». Jean Paul II a appelé la force et la bénédiction de Dieu sur les pèlerins suisses, les invitant à participer plus activement à la vie des communautés chrétiennes, sous la conduite de leurs pasteurs. Il les a encouragés à porter leurs efforts sur la formation morale et spirituelle des jeunes. Il s’agit pour Jean Paul II de les aider dans leur croissance personnelle et de les préparer à être des chrétiens solides, « s’engageant joyeusement dans leur vocation, dans la voie du sacerdoce ou de la vie consacrée pour ceux que Dieu appelle ».
« Vous êtes chez vous à Saint-Pierre. Je suis allé plusieurs fois en Suisse. C’était beau! », a conclu le pape d’un ton rêveur, lançant avec un petit sourire: « A la prossima volta! ». Les évêques et les prêtres, les collaborateurs des évêchés, quelques pèlerins et gardes suisses ont ensuite défilé devant la cathedra, le siège de l’évêque de Rome, pour que le pape impose les mains sur eux, comme un père sur ses filles et ses fils au moment du départ. Les fidèles quant à eux cachaient leur émotion en faisant de petits signes d’amitié à leurs prêtres.
La venue des Suisses à Rome voilà 53 ans
Avant de vivre ce moment de communion intime avec le pape, les pèlerins avaient participé à une messe interdiocésaine intense, selon un déroulement établi par le chanoine Crivelli, du Tessin. Entouré par les cardinaux Henri Schwery et Gilberto Agustoni, Mgr Amédée Grab a ouvert la célébration en romanche, alternant ensuite les trois autres langues nationales pour rappeler que les Suisses étaient également venus en nombre à Rome en 1947 pour la canonisation de saint Nicolas de Flue. « Frère Nicolas s’est montré sage dans le choix apparemment insensé de se retirer dans la solitude, dans ses conseils à ses visiteurs et aux Confédérés. « Aujourd’hui, le monde a changé et il est temps de renouveler notre fidélité au magistère du pape, qui nous guide dans le monde moderne », a poursuivi l’évêque de Coire. Il a dit sa reconnaissance pour l’impulsion donnée durant ce dernier pontificat à la défense de la justice et de la paix, aux droits de l’homme, à l’oecuménisme et à la collaboration de tous les hommes de bonne volonté. Un pèlerin de 1947 revenu ce 25 septembre à la basilique Saint-Pierre n’aurait pas été désorienté par le rite eucharistique, les cantiques et les monitions en latin de la cérémonie. Il n’aurait cependant pas manqué d’être surpris par la procession des dons, haute en couleurs, et par la place prépondérante prise par les laïcs à cette occasion.
Un autre son de cloche
Des femmes en costumes traditionnels de plusieurs régions ont apporté le pain et le raisin de la vigne pendant que 16 hommes de la Fondation du « Carillon pour la paix » halaient, ployant sous le joug, une immense cloche devant l’autel. Une fois bénie par Jean Paul II, la cloche portant l’effigie du Christ en majesté prendra place dans le carillon de 23 cloches qui sonnera pour la paix dans la localité valaisanne de Morgins. Le coût de cette réalisation sera en effet versé à des congrégations et des organisations qui œuvrent en faveur de la paix. Outre les prestations des chœurs romands et tessinois, les pèlerins ont apprécié un cantique marial interprété par un cor des Alpes. (apic/mjp)
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