Rome: Le père Cottier commente le report de la journée pour le dialogue judéo-chrétien
Rome, 27 septembre 2000 (APIC) Avec le cardinal Cassidy, le Père Georges Cottier, théologien de la Maison pontificale, espère lui aussi que la rencontre judéo-chrétienne, prévue pour le 3 octobre puis annulée, n’est que partie remise. « Il y a eu ces temps-ci une accumulation de malentendus qui ont provoqué des blessures qu’il va falloir guérir du côté des juifs », explique le dominicain, qui devait intervenir ce jour-là comme représentant de l’Eglise catholique pour expliquer le sens du jubilé chrétien.
« Avec le document ’Dominus Iesus’, les juifs ont eu l’impression de recevoir un ’coup de barre’, continue le Père Cottier. Certaines formules, en effet, semblent très dures dès lors qu’elles sont lancées par la presse dans l’opinion publique ».
« Or les juifs sont extrêmement sensibles, souligne le théologien de la Maison pontificale. Ainsi, ils ont été très bouleversés par le voyage du pape en Israël au mois de mars dernier. Ils ont été nombreux alors à se sentir reconnus et aimés. Par contre, la béatification de Pie IX a été dure pour eux, parce que Pie IX est lié dans leur esprit au cas « Mortara », cet enfant juif baptisé par une servante chrétienne, et à qui on a voulu donner ensuite une éducation chrétienne en le retirant de sa famille, parce qu’on considérait à l’époque que c’était plus important que le droit naturel lui-même. Pour les juifs, ce souvenir est intolérable ».
Coïncidence de dates
Le dominicain regrette par ailleurs que la coïncidence de date entre la béatification de Pie IX le 3 septembre, et la publication du document « Dominus Iesus » le 5 septembre, ait été perçue par les juifs comme le fruit d’une « concertation ». « Il n’y a pas eu de concertation! s’exclame-t-il, et encore moins dirigée contre eux! Beaucoup ont perçu ce texte comme une négation des possibilités de salut pour les juifs. Le document réaffirme en effet que tous ceux qui sont sauvés le sont par la grâce du Christ. Mais s’il rappelle que l’Eglise possède la « plénitude » des moyens du salut, il n’en exclut pas pour autant les juifs ».
Le Père Cottier souligne à ce sujet que la déclaration ’Nostra Aetaté’ du Concile Vatican II, qui insistait sur les liens entre chrétiens et juifs, rappelait déjà que le Christ est mort « pour que tous les hommes obtiennent le salut ». « Et parmi ces hommes se trouvent à plus forte raison les juifs fidèles à leur loi qui prépare la venue du Messie », s’exclame-t-il.
« Bien sûr, ’Dominus Iesus’ ne s’adressait pas d’abord aux juifs, souligne enfin le théologien de la Maison pontificale. Mais c’est une illusion de penser aujourd’hui qu’un tel document peut rester uniquement entre les mains du public particulier auquel il est destiné. Avec la presse internationale, un texte comme celui-ci gagne immédiatement une audience générale ». (apic/imed/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse