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« L’humanité de l’embryon n’est pas négociable ! »
Fribourg, 28 septembre 2000 (APIC) Christine Boutin, membre du Parlement français et présidente de l’Alliance pour les Droits de la Vie, et David Alton, membre de la Chambre des Lords du Royaume-Uni et professeur à l’Université John Moores de Liverpool, viennent de lancer un appel européen à la protection de l’embryon humain, via Internet. « L’humanité de l’embryon n’est pas négociable ! », affirment-ils.
« Le Parlement européen, rappelle Christine Boutin, vient de voter une résolution (n° B5 710/2000 sur le clonage des êtres humains) pour appeler chaque Etat membre à « mettre en œuvre une législation proscrivant toute recherche sur le clonage humain », y compris le clonage prétendu « thérapeutique ». Le Saint-Siège a récemment rappelé le caractère moralement inacceptable du clonage humain.
« Nous devons reconnaître pleinement l’humanité de l’embryon, car elle n’est pas négociable », ont déclaré Christine Boutin et David Alton. C’est la raison de « l’Appel européen pour la protection de l’embryon » qui est actuellement diffusé dans toute l’Europe sur Internet.
Les auteurs soulignent l’urgence de la situation actuelle en Europe: « La remise en cause de l’humanité de l’embryon ne connaît pas de frontière. C’est donc au niveau européen que nous devons associer nos forces pour exiger la protection de l’embryon ». Il en va aussi, disent-ils, de l’avenir de la démocratie: « Nous sommes certains qu’une seule conception répond aux exigences de la démocratie et des droits de l’homme: celle qui reconnaît la pleine humanité de l’embryon ».
Le clonage d’embryons suscite de vives réactions
Le 7 septembre dernier, le Parlement de Strasbourg a demandé aux gouvernements de l’Union européenne d’introduire des normes interdisant toute forme de recherche sur le clonage humain et de prévoir des sanctions pénales pour toute violation. Il a également demandé à la Commission européenne qu’aucun institut de recherche, impliqué dans le clonage d’embryons humains, ne puisse bénéficier d’un financement issu du budget de l’Union européenne. Le Parlement de Strasbourg veut que la recherche sur les thérapies s’effectue à partir de cellules staminales d’adultes.
Le cardinal Thomas Winning, archevêque de Glasgow, a protesté contre la décision de Tony Blair, premier ministre du Royaume-Uni, qui consiste à détruire des embryons dans le but de soigner d’autres personnes. Tony Blair est en effet favorable au clonage humain dit « thérapeutique ». Dans une lettre, l’archevêque a exprimé sa « grande préoccupation » à propos de cette récente décision du gouvernement britannique. Le cardinal a demandé au premier ministre de revoir cette mesure.
La question du statut de l’embryon humain sera bientôt débattue devant la Chambre des représentants des Etats-Unis à l’occasion de la présentation du « Born-alive Protection Act of 2000 », une proposition de loi visant à protéger l’embryon humain, dans le cas des enfants nés vivants à la suite d’un avortement. Les mouvements favorables à l’avortement critiquent ce projet en revendiquant pour la mère ou pour le médecin le droit de tuer l’enfant né vivant au cours d’un avortement.
Problèmes scientifiques
Au niveau scientifique aussi, on découvre les limites du clonage dans les expériences qui continuent d’être menées sur des animaux. La technique du clonage animal peut fonctionner, comme l’ont montré des cas fameux comme celui de la brebis Dolly, mais elle semble comporter au fil des générations des limites préoccupantes. En effet, l’équipe de Teruhiko Wakayama, de la Rockfeller University, de New York, avoue avoir eu des difficultés pour cloner des animaux déjà clonés. A la sixième génération, les chercheurs n’ont pu produire qu’une seule souris, qui a été ensuite dévoré par la souris mère. Les chercheurs ont considéré ce comportement animal comme « anormal ». (apic/zn/fm)
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