Inde: Les Eglises de l’Inde sont sous le choc après l’assassinat d’un évêque luthérien
New Delhi, 7 août 2000 (APIC) Les responsables d’Eglise de l’Inde sont sous le choc après l’assassinat, le 29 juillet, d’un évêque luthérien dans l’Etat d’Andra Pradesh, dans le sud de l’Inde. L’Eglise luthérienne, qui ne commente pas ce meurtre pour l’instant, se contente de rejeter les thèses d’un conflit interne à l’Eglise luthérienne.
La police affirme que ce meurtre est lié à des conflits internes qui agitent l’Eglise. Mais de nombreux responsables d’Eglise rejettent cette explication. L’évêque Gangavarapu Emmanuel, président de l’Eglise évangélique luthérienne d’Andhra, a été tué à coups de couteau et de hache par trois hommes dans le complexe de l’Eglise au moment où il quittait son bureau pour aller déjeuner.
L’évêque, âgé de 64 ans, est décédé durant son transport à l’hôpital. Avant le 1er août, la police avait arrêté cinq personnes liées au meurtre, et notamment l’homme qui aurait engagé les tueurs à gages.
L’Eglise observe pour l’instant le silence à propos de cette affaire, mais la police a suggéré que le meurtre pourrait être lié aux divergences entre les diverses factions de l’Eglise, en particulier au désaccord portant sur la location d’un hôpital de l’Eglise à une personne qui veut y établir un institut médical.
Des funérailles privées pour l’évêque luthérien, marié et père de quatre garçons et d’une fille – ont eu lieu dans son village natal, prés de Rajamundry, à plus de 200 kilomètres de Guntur, le dimanche 30 juillet.
Prasanna Kumari, secrétaire exécutive de l’Eglise évangélique luthérienne unie de l’Inde (UELCI), a exprimé «sa profonde tristesse et sa consternation» après l’assassinat de l’évêque Emmanuel, qui était le vice président de l’UELCI, forum regroupant 11 Eglises luthériennes de l’Inde.
Elle a exprimé sa «stupéfaction» après le meurtre de cet évêque, avait tourné une page de l’histoire de l’Eglise luthérienne l’an dernier en ordonnant 18 femmes pasteurs de l’Eglise luthérienne. Elle a toutefois refusé de s’étendre sur les motifs du meurtre et souligné que «les journaux donnaient des versions contradictoires».
Embarras
L’embarras des Eglises à propos de cet assassinat était également évident dans la résolution adoptée lors de la réunion du Comité exécutif du Conseil national des Eglises de l’Inde de l’Inde les 2 et 3 août (l’évêque Emmanuel était membre du Comité). La résolution exprimait la tristesse des membres et déplorait la violence «dans et hors de l’Eglise», sans faire référence aux circonstances du meurtre.
«Il est préférable que les Eglises gardent le silence sur les raisons de ce meurtre. Nous ne voulons pas que notre linge sale soit lavé en public»; a déclaré Chandran Paul Martin, responsable de la communication du Conseil national des Eglises de l’Inde. Selon lui, des groupes fondamentalistes hindous, qui mènent une campagne contre les Eglises de l’Inde, «attendent avec impatience toute information sur le meurtre pour alimenter leur propagande anti-chrétienne».
Divisions internes
L’agence «Pr»ess Trust of India a rapporté que l’élection de l’évêque Emmanuel à la présidence de son Eglise avait provoqué des divisions au sein de celle-ci et que ses rivaux avaient protesté devant les tribunaux contre les résultats.
«La principale cause de ce meurtre pourrait être la décision de l’évêque de céder les locaux de l’hôpital avec un bail à long terme à un Indien ne résidant pas dans le pays pour l’établissement d’un institut médical. Les `ennemis’ de l’évêque dans le Comité ont lutté farouchement contre cette décision, et ont aussi porté l’affaire devant les tribunaux», précise cette agence, qui cite le chef de la police locale. (apic/eni/pr)
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