Genève: Arrivée d’une délégation de militants pour les droits des Dalits en Inde
Genève, 8 août 2000 (APIC) Une délégation de six militants pour les droits des Dalits en Inde est arrivée à Genève pour attirer l’attention sur les discriminations des «intouchables» basées sur le système de castes en Inde. Hôte du Conseil œcuménique des Eglises (COE), la délégation indienne veut interpeller les organisations internationales et la sous-commission des droits de l’homme de l’ONU afin que le problème des castes soit inclus dans l’agenda de la Conférence mondiale des Nations Unies sur le racisme qui aura lieu l’an prochain en Afrique du Sud.
Selon les données du recensement de 1991, l’Inde compte plus de 140 million de Dalits (en Hindi: " les opprimés «) alors qu’ils seraient quelque 250 millions selon des sources non officielles. Bien que la Constitution indienne interdise les discriminations contre les Dalits, elles sont bien réelles. Selon la délégation présente à Genève, les Dalits sont victimes de meurtres, de viols, de destruction de leurs propriétés personnelles et de discriminations à l’embauche.
«Nous croyons que l’Inde ne peut pas être un pays fort et intégré tant que la discrimination basée sur le système des castes n’est pas éliminée à la racine de la société. Le pouvoir oppresseur et la discrimination envers les castes et les races sont de même nature, il s’agit de la même oppression», a déclaré Martin Macwan, responsable de la Campagne nationale pour les droits de l’Homme des Dalits. En mai dernier, lors du Comité préparatoire pour la Conférence mondiale des Nations Unies sur le racisme, le gouvernement indien a souligné que les problèmes relatifs aux «castes traditionnellement désavantagées (en Inde) ne relèvent pas de la Conférence mondiale sur le racisme».
Parmi les militants de la cause des Dalits présents à Genève, on note la présence de Prakesh Ambedkar, député au parlement indien. Il est le petit-fils de l’un des leaders Dalits les plus respectés, Baba Saheb Ambedkar, l’un des architectes de la Constitution indienne. Cette visite fait partie d’une campagne internationale bénéficiant de l’appui de groupes de soutien au Japon, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, au Danemark, au Népal, aux Pays-Bas et en Allemagne.
Discrimination également au sein de l’Eglise
Dans l’Eglise du Sud de l’Inde, nombreux sont les fidèles Dalits. Mais ils sont encore traités dans l’Eglise comme des intouchables. Par exemple, dans certains diocèses ruraux du Tamil Nadu, les églises et les cimetières sont séparés, de même que les chars sacrés et les chariots des cadavres sont conduits séparément. Les huttes des Dalits chrétiens sont construites hors du village chrétien. Les prêtres et religieuses ne dînent pas chez les Dalits chrétiens et ils ne prennent jamais de cuisinier Dalit dans les presbytères, les séminaires, les couvents, etc. Les candidats Dalits ne sont pas encouragés à entrer aux noviciats ou aux séminaires du pays tamoul et si l’un d’eux insiste, on lui conseille d’aller au nord de l’Inde comme missionnaire. C’est pourquoi, dans cette région du Sud de l’Inde, bien qu’ils soient nombreux, les Dalits ne représentent que 3,6 % dans la hiérarchie de l’Eglise, alors que les chrétiens issus de hautes castes sont 96,4 %.
Notons que le Fonds spécial de lutte contre le racisme du Conseil œcuménique des Eglises (COE) vient en aide pour un montant de 10’000 dollars à la Société pour le développement de la population Dalit à Kadampanad, pour qu’elle ouvre sa formation de responsables aux femmes et qu’il élargisse la portée de son travail auprès des élèves du secondaire. (apic/coe/com/be)
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