Congo Brazzaville: Des enfants réfugiés oubliés par les organisations humanitaires
Congo-Brazzaville,
(APIC) Abandonnés par les organismes humanitaires qui leur ont coupé vivres, eau potable et médicaments, 340 enfants rwandais de 3 à 17 ans réfugiés depuis mai 1997 se trouvent dans une situation difficile au camp de Kintélé, au Congo. Le père salésien Pierre Chopin, qui leur vient en aide, lance un appel dramatique. Il fustige l’abandon des ONG et témoigne de l’extrême précarité de vie de ces enfants.
Dans le camp de Kintéélé au Congo-Brazzaville vivent 2.500 personnes livrées à elles-mêmes a déclaré à l’agence Fides, le père Pierre Chopin, un salésien français qui leur vient en aide. Le religieux dénonce le comportement des organisations internationales. «Le Haut Commissariat aux Réfugiés de l’ONU a cessé d’acheminer de la nourriture dans le camp depuis décembre dernier. Le Comité International de la Croix Rouge n’apporte plus d’eau potable depuis le 1er juillet. Même l’International Rescue Committee n’envoie plus de médicaments» affirme t-il.
Le camp de Kintélé, situé à 35 km au nord de la capitale, accueille depuis mai 1997 plus de 300 enfants rwandais réfugiés et leur famille. Ils ont d’abord fui le Rwanda pour échapper à la répression des Tutsis après leur retour au pouvoir. Ensuite ils ont dû plier bagages de la République Démocratique du Congo lorsque le Rwanda a commencé à envahir le territoire de l’est de ce pays.
Le père Chopin et d’autres salésiens ont ouvert il y a trois ans une école pour ces enfants. Les cours s donnent sous les pins ou dans des abris de fortune couverts de paille. Mais la suspension des aides internationales rend la situation insoutenable. «Depuis six mois confie le religieux, nous devons gérer des problèmes de survie et faire fonctionner l’école. Les enfants arrivent affamés. Comment attendre d’eux qu’ils étudient comme les autres enfants dans le monde? «.
Beaucoup d’enfants ont cessé de fréquenter l’école. Ils passent la journée à chercher de l’eau dans les sources des vallons. Pour cela, ils remontent des bidons de 5 à 10 litres d’eau sur la tête en escaladant sur 3 km des pentes très raides de 80 mètres de dénivellation, jusqu’à leurs huttes et repartent aussitôt.
«L’école de Kintélé, affirme le père Chopin, n’est pas une école confessionnelle, elle est libre. En ce sens, elle accueille des enfants de différentes religions et certains instituteurs ne sont pas catholiques mais protestants». (apic/fides/ua)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse