Il annonce des procédures pour obtenir sa réhabilitation

B Suspendu par l’évêque, l’abbé Borremans va créer son lieu de prière

Louvain, 11 août 2000 (APIC) Un prêtre flamand de 32 ans, l’abbé Rudy Borremans, déchargé de ses fonctions de vicaire à Tirlemont en février 1999, puis suspendu en octobre de l’exercice de son ministère par le cardinal Godfried Danneels, va entreprendre une procédure pour obtenir sa réhabilitation. Il envisage également de créer sa propre maison de prière et d’y présider des liturgies.

Le cardinal Danneels avait d’abord été amené à mettre fin à la fonction de vicaire que le jeune prêtre exerçait à Tirlemont où ses déclarations médiatiques et sa difficile coopération avec les équipes de prêtres et de laïcs, tant dans sa paroisse que dans son doyenné, avaient fait la «une» de plusieurs journaux en Flandre. L’homosexualité déclarée de ce prêtre, dont plusieurs connaissaient l’ami personnel, n’avait rien fait pour aplanir les difficultés. L’archevêque n’avait toutefois pas mis en cause la sexualité de ce prêtre, mais ses «interventions publiques», sa manière de «recadrer» ou de «mettre en scène» les événements, au point qu’il était «devenu très difficile de lui confier une autre mission».

En vue de résoudre ces difficultés, le cardinal et ses collaborateurs avaient d’abord eu de multiples entretiens avec l’abbé Borremans. Les échanges avaient débouché sur une convention, conclue d’un commun accord le 17 juin 1999. Cependant, «malgré des mises en garde répétées», selon l’archevêché, il est apparu que Rudy Borremans «n’observait cette convention en aucun point». L’archevêque s’est alors vu contraint de prendre une sanction canonique à l’égard de son ancien vicaire: «Après consultation et sur la base du droit ecclésiastique, il a décidé de prendre, par décret extrajudiciaire, les mesures qui s’imposaient», annonçait le 11 octobre l’archevêché. Il a été dès lors «interdit à Rudy Borremans de poser aucun des actes qui découlent des pouvoirs sacerdotaux qui lui ont été conférés».

Peu de chance d’aboutir

L’archevêque a, du même coup, «décidé de lui retirer aussi le droit d’exercer les charges afférentes au ministère qui lui fut confié». Cette sanction, devait encore préciser l’archevêché, «est une censure, ce qui implique l’intention d’amener l’intéressé à s’amender dans l’espoir qu’il pourra être rétabli dans ses droits». Début août, le prêtre suspendu a fait savoir que ses avocats allaient introduire dans les prochains jours une requête auprès d’un tribunal civil pour obtenir que l’Eglise catholique lui verse un traitement de ministre du culte. L’abbé Borremans envisage aussi d’entamer une procédure ecclésiastique pour obtenir sa réhabilitation comme prêtre. Il a précisé à l’agence Belga qu’il entendait spécialement vérifier si les déclarations «des deux parties» avaient été correctement consignées devant le tribunal ecclésiastique lors des deux audiences qui ont débouché sur la décision de le suspendre comme prêtre.

L’abbé Borremans avait déjà entrepris dans ce sens plusieurs tentatives infructueuses par téléphone et par courrier, avant de se rendre le 26 juillet à l’archevêché pour obtenir satisfaction. Mais en vain. Le chanoine Wilfried Brieven, secrétaire du cardinal Danneels, lui a seulement répondu que l’accès à un dossier judiciaire restait soumis à des règles de droit. Si le prêtre suspendu se présente encore à l’archevêché et refuse de quitter les lieux, a encore précisé le chanoine Brieven à l’agence Belga, ce comportement sera considéré comme une violation de domicile.

L’archevêché n’a pas réagi à l’annonce des nouvelles intentions de l’abbé Borremans sur le plan judiciaire. Mais il paraît peu probable qu’une procédure ecclésiastique amène un évêque à lever la suspension d’un prêtre si les raisons qui ont motivé cette sanction n’ont pas disparu. Il paraît tout aussi peu probable qu’une procédure au civil aboutisse à obtenir un traitement de ministre du culte pour un prêtre à qui l’évêque a retiré explicitement toute nomination dans une quelconque fonction.

«Rent a priest»

En attendant l’issue incertaine des procédures annoncées, l’abbé Borremans a informé la presse d’une autre initiative: il ouvrira le 10 septembre à Meensel-Klozegem son propre lieu de prière, dans une maison particulière qui a été mise à sa disposition et où il présidera une célébration mensuelle. Cette maison accueillera également les activités qu’il compte développer dans le cadre de l’association «Rent a priest», une association d’inspiration américaine, qui propose la location des services d’anciens prêtres pour des célébrations religieuses.

L’implantation en Belgique de «Rent a priest» avait suscité, dès la mi-juin, une nette mise en garde de la part des évêques. (apic/cip/pr)

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