Rome transformée en un vaste terrain de spectacles
Rome, 17 août 2000 (APIC) C’est une ville transformée en un vaste terrain de spectacles et de jeux que traversent ces jour-ci les groupes de jeunes venus à Rome pour les Journées mondiales de la jeunesse. Pendant les après-midi du 16, 17 et 18 août, ils peuvent en effet circuler librement dans les rues où 280 activités et rencontres sont organisées à leur intention.
Parmi ces animations, les cafés de « Jubilatio », qui se veulent à la fois des lieux d’accueil et des occasions de discussion, autour d’animations de styles variés, proposent des espaces de prière aux jeunes qui défilent chez eux.
Devant la basilique de Sainte-Marie-sur-Minerve, près du Panthéon, les groupes se pressent autour des batteries de l’orchestre qui anime la place où est installé le « café scénique ». Ils entourent le Père Thierry-Marie Courau, jeune dominicain, qui a eu l’idée de ce projet pour les JMJ de 1997 en France. A Paris, cela s’était concrétisé par sept terrasses de café et trois grandes tentes abritant prière silencieuse et confessions, l’une d’elles étant même installée sur l’esplanade de la Défense. A Rome, on compte une dizaine de ces mêmes cafés, installés sur les places, près des églises, à des points stratégiques du centre historique.
Le Père Thierry-Marie Courau plaisante avec des étudiants italiens, pendant que deux jeunes filles espagnoles servent des boissons aux plus assoiffés. A quelques mètres, des salésiennes slovaques discutent informatique avec des Allemands et des Belges assis sous un kiosque où ils surfent sur internet grâce à six ordinateurs. Tout est objet de dialogue. Quelques minutes plus tard, ces mêmes jeunes seront invités à entrer dans l’église pour y découvrir les reliques de Sainte-Catherine de Sienne, le tombeau de Fra Angelico, un grand Christ sculpté par Michel-Ange et pour s’arrêter pour prier un instant, s’ils le veulent. Le soir aura lieu au même endroit un grand spectacle médiéval inspiré de l’Apocalypse.
Café littéraire et café oecuménique
Dans le cloître adjacent, un franciscain français, assis par terre, parle cette fois de son expérience auprès des enfants dans les banlieues difficiles, avec un groupe de jeunes manifestement intéressé par les questions d’éducation. Un scout essaie un piano placé contre le mur. Certains groupes se reposent, après plusieurs kilomètres à pied dans les rues de Rome autour des forums ou entre les grandes basiliques. D’autres arrivent des catacombes, et sont heureux de retrouver l’air libre après de longs trajets dans des autobus bondés. Ils échangent leurs impressions à l’ombre du cloître. C’est l’occasion pour des Brésiliens de faire connaissance, dans un anglais approximatif, avec quelques Polonais fatigués eux-aussi, et un groupe de Mexicains chaleureux.
Un peu plus loin, le café « littéraire » de Saint-Louis des Français est également un grand succès. Les groupes s’y succèdent devant des montages audio-visuels, sur « la vocation de Saint-Matthieu », célèbre peinture du Caravage que possède l’église française. Ils passent devant des stands où sont exposées des oeuvres littéraires en plusieurs langues, et prennent note d’un rendez-vous avec un personnage que beaucoup connaissent au moins de nom: le Père Daniel-Ange, français, fondateur du groupe « Jeunesse Lumière », qui doit arriver dans l’après-midi pour parler des martyrs du XXème siècle.
L’idée de « Jubilatio » est de faire collaborer des religieux de différentes congrégations, pour offrir aux jeunes une image vivante de la richesse de l’Eglise d’aujourd’hui. Ainsi, au café « de la vie consacrée », derrière la synagogue de Rome, on croise des bénédictins comme des membres laïcs d’un institut de spiritualité carmélitaine. Au « café œcuménique », installé dans le cloître de l’église Saint-Clément, près du Colisée, de jeunes artistes orthodoxes roumains expliquent la technique et la spiritualité de la peinture des icônes, et proposent même aux plus motivés de se lancer eux-mêmes pour quelques essais. Des séminaristes gréco-catholiques viendront un peu plus tard faire découvrir leur rite à l’intérieur de l’église, dont la structure se prête particulièrement bien à la liturgie orientale.
Tour du monde des danses
Défilés de mode, danses bretonnes, musiques folkloriques des Andes ou du Japon, témoignages de jeunes Vietnamiens, ou prière silencieuse accompagnée d’une musique de Bach effectuée par de jeunes artistes professionnels: les activités sont nombreuses pendant ces trois journées. Les jeunes n’ont que l’embarras du choix, et passent de l’une à l’autre au gré de leur flânerie plutôt qu’en suivant des projets précis. Ils font la queue chez les marchands de glace dévalisés, avant d’entrer dans les églises elles-aussi prises d’assaut. Pendant ce temps, du côté du Vatican, les groupes mettent plusieurs heures, en milieu de journée, à parcourir l’avenue de la Conciliation qui les conduit vers la porte sainte de la basilique Saint-Pierre. (apic/imed/pr)
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