Bruxelles: Pax Christi International réclame la fin de la guerre au Congo
Genève/Bruxelles, 17 août 2000 (APIC) Le mouvement Pax Christi International s’est adressé le 16 août, à Genève, à la Sous-Commission de l’ONU chargée de la protection et de la promotion des Droits de l’homme pour lui soumettre des propositions concrètes en vue de mettre fin à la guerre en République Démocratique du Congo.
Dans son intervention au nom du mouvement catholique pour la paix, Julia Stuckey a souligné que la guerre au Congo entre dans sa troisième année sans que l’on n’entrevoie la fin de la tragédie due aux massacres ethniques, au pillage des ressources nationales et aux brutalités exercées sur la population. «Tandis que les Etats africains raisonnent en termes de souveraineté nationale et que la communauté internationale tergiverse sur les coûts et les risques de toute forme d’intervention effective», a constaté la représentante de Pax Christi, la République Démocratique du Congo s’enfonce dans le chaos et l’anarchie.
Le mouvement Pax Christi a mis en cause la fascination qu’exercent sur les Etats «la tentation de la vengeance, les richesses minières ou le pouvoir politique», avant de dénoncer «le bourbier» où s’enfoncent les différentes forces pour lesquelles le Congo semble n’être devenu qu’un objet de convoitise dont il faut prendre le contrôle. «La République Démocratique du Congo (RDC) est l’enjeu d’une guerre internationale dans laquelle les diverses parties, y compris les forces loyales au gouvernement de la RDC, les Interahamwe du Rwanda, de plusieurs armées autonomes et milices privées mises sur pied par différents groupes ethniques, et de forces armées officielles d’autres Etats africains (le Zimbabwe, l’Angola, la Namibie, l’Ouganda, le Rwanda et le Burundi. Chacun se bat pour le contrôle du territoire, de la population et des ressources natures. Les alliances entre les groupes sont fragiles et changent fréquemment».
Un Etat en lambeaux
Parmi les conséquences les plus graves de la guerre qui se poursuit depuis deux ans, Julia Stuckey a cité «la famine croissante, l’écroulement quasi complet des services de santé publique, d’éducation et d’administration civile, la cessation de la plupart des activités commerciales, le manque de sécurité personnelle et le règne de la terreur».
En outre, «plus d’un million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et leur nombre ne fait qu’augmenter. La RDC est devenue un Etat en lambeaux, qui développe une politique de haine et de revanche qui va hanter sa population pour des générations. Dans plusieurs zones, les églises, bien qu’elles soient souvent la cible de l’une ou l’autre forces militaires, constituent le seul canal existant pour l’aide humanitaire», a-t-elle encore constaté.
Selon Mgr Laurent Monsengwo, archevêque de Kisangani, «dans cette situation chronique, l’Eglise est la seule institution qui s’intéresse aux besoins de la population. Malheureusement, les Eglises sont incapables de faire face à des besoins humanitaires d’une telle ampleur».
Un effort concerté contre la folie
Les tentatives pour mettre fin à la guerre ont été peu suivies d’effet, regrette Pax Christi, qui se réfère notamment à une résolution d’avril 1999 du Conseil de Sécurité de l’ONU, aux Accords de Paix de Lusaka de juillet 1999, ainsi qu’à différents appels d’instances internationales.
Mais le mouvement catholique reste persuadé que «seul un effort concerté sur le plan international pourra mettre fin à cette folie». C’est pourquoi Pax Christi International a soumis les propositions suivantes à la Sous-Commission des Droits de l’homme réunie à Genève: un embargo immédiat sur les armes, y compris les armes légères; le retrait de toutes les troupes étrangères; la mise en place d’une force de paix effective sous l’autorité de l’ONU; un soutien vigoureux en moyens de mettre en application les Accords de Paix de Lusaka sur les plans politique, financier et militaire; la convocation d’une Conférence internationale sur la paix en Afrique centrale, avec la participation de toutes les parties en conflit; la création d’un important fonds de développement social pour soutenir et accompagner des projets correspondant au retrait des trouves, à savoir, la promotion d’un véritable dialogue national sur l’avenir de la région; enfin, le rétablissement du contrôle civil et l’Etat de droit. (apic/cip/pr)
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