La pauvreté ne fait pas recette dans les médias

Suisse: Les premiers résultats d’une étude zurichoise le montrent

Zurich,

(APIC) Suisse: Les premiers résultats d’une étude zurichoise le montrent. Les journalistes n’évoquent ce sujet qu’en rapport avec le financement de la prévoyance et de l’aide sociale. Ils donnent rarement la parole aux pauvres et ne sont pas convaincus de la nécessité d’entreprendre quoi que ce soit contre la pauvreté. Telles sont les premières conclusions publiées lundi à Zurich) d’une étude sur la perception de la pauvreté au sein du public en Suisse,

Mandatée par la société «Solidarnetz» (réseau de solidarité), l’Université de Zurich et plus particulièrement son domaine de recherche «public et société» a analysé la vision de la pauvreté qui transparaît à travers les comptes-rendus des principaux médias de Suisse alémanique et les débats parlementaires des Chambres Fédérales, depuis 1998. Les résultats de l’enquête seront mis à disposition de la classe politique pour qu’elle prolonge la discussion sur la pauvreté.

Un millième de pauvreté

Du premier janvier 1999 au 31 juillet 2000, seuls 260 extraits de presse parlaient de la pauvreté. A titre de comparaison, la «Neue Zurcher Zeitung» a publié 427 articles, en 1999, sur le seul sujet des élections fédérales.

La reprise économique a réduit à la portion congrue l’espace rédactionnel réservé à la pauvreté, a expliqué le prêtre dominicain René Aebischer, membre du comité de «Solidarnetz». Dans les pages des dix quotidiens et hebdomadaires examinés, la part accordée à la pauvreté est de l’ordre du millième. Elle était même si petite dans le magazine «Facts» et dans le journal télévisé «10 vor 10» que ces deux médias ont été rayés de la liste d’étude.

Vision réductrice

Le Père Aebischer regrette la vision réductrice de la pauvreté transmise par les médias et le monde politique. La pauvreté n’a voix au chapitre que dans le contexte des revendications syndicales du salaire minimum ou celui du financement de la prévoyance et de l’aide sociale. Les autres aspects de la pauvreté sont occultés. Même point de vue en ce qui concerne les interlocuteurs choisis par la presse. La moitié des articles citent les autorités, les partis, les associations patronales, les représentants de l’économie, des Eglises ou des œuvres d’entraide. Les gens qui vivent dans la pauvreté n’ont presque jamais la parole et on ne leur fait jouer qu’un rôle passif.

Fondée en 1999, la société «Solidarnetz» cherche à savoir comment le sujet de la pauvreté est perçu au sein du public. Elle veut faire entendre la voix des pauvres et développer des initiatives pour vaincre la pauvreté. (apic/mos/job/mjp)

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