Chanter ensemble pour s’apprivoiser

Neuchâtel: Fête des Eglises chrétiennes le 3 septembre à La Chaux-de-Fonds

Neuchâtel,

(APIC) Les Eglises chrétiennes du canton de Neuchâtel feront la fête ensemble à la salle Polyexpo de La Chaux-de-Fonds, le dimanche trois septembre avec Cécile et Jean-Noël Klinguer et le groupe vocal lausannois des Compagnons du Jourdain. 2000 personnes sont attendues.

Manger ensemble, apprendre les chants de Cécile et Jean-Noël Klinguer et des Compagnons du Jourdain, célébrer en toute simplicité, voilà le programme «jubilatoire» que la Communauté œcuménique de travail des Eglises chrétiennes (COTEC) propose aux chrétiens neuchâtelois pour le premier dimanche de septembre.

Présentant la manifestation, mercredi à Neuchâtel, aux côtés des organisateurs, la présidente de la COTEC Françoise Currat espère que 1’000 à 2’000 personnes participeront à cette journée qui prend le relais des traditionnels «cultes cantonaux». Tout le pays de Neuchâtel renoncera pour l’occasion aux habituelles célébrations dans les paroisses et les communautés chrétiennes.

Une grande inconnue

«Permettre à ceux qui se disent chrétiens de fêter ensemble quelle que soit leur confession et atteindre les personnes qui n’ont pas vraiment de liens avec leur communauté, tel est l’enjeu de cette rencontre» explique l’assistante pastorale des paroisses catholiques de la ville de Neuchâtel.

«C’est un sacré défi de rassembler tout le monde», renchérit Werner Habegger, pasteur et aumônier de jeunesse à La Chaux-de-Fonds, qui se demande quelle sera l’ampleur du rassemblement. L’Eglise réformée, avec 75.000 membres et l’Eglise catholique-romaine, avec 70’000 fidèles, ont une position dominante alors les Eglises catholique-chrétienne, mennonite, méthodiste et la Fédération des Eglises évangéliques ne représente que quelques pour cent des chrétiens neuchâtelois.

Se regarder sans avoir peur

«Petites ou grandes, les Eglises sont confrontées à la baisse de la pratique et à la difficulté de toucher les gens» explique Madeleine Moreau. Relayée par une grande campagne de presse, la manifestation du 3 septembre vise à élargir le cercle des membres des communautés et à leur permettre de s’apprivoiser mutuellement. «Plutôt que de se regarder en chien de faïence», ajoute l’assistante pastorale.

Les grandes Eglises ressentent en effet souvent les petites comme sectaires alors les communautés minoritaires ont la hantise d’être mangées. Cette tension de fond est une réalité, constate Madeleine Moreau. Pourtant, les uns peuvent apporter le dynamisme de leur liturgie, leur sens de l’accompagnement des jeunes et les autres offrir la force de leur tradition en exégèse, en prédication et en théologie. «Il faut laisser tomber nos timidités et nos réserves», souligne l’assistance pastorale du secteur des montagnes neuchâteloises.

L’oecuménisme, un mot bateau

Nous en sommes encore aux balbutiements de l’œcuménisme même si Neuchâtel, terre de la Réforme, a vu dès le début du siècle des catholiques de Fribourg ou du Jura s’installer sur les bords du lac. L’immigration des travailleurs italiens, espagnols et portugais fait qu’il y a aujourd’hui presqu’autant de catholiques que de réformés dans le canton.

Pour le pasteur Habegger, on abuse du mot «œcuménisme». «Si l’on savait réellement à quoi cela engage, il y aurait de quoi provoquer des résistances», poursuit l’aumônier de jeunesse. La seule ambition de la journée du 3 septembre est de se rencontrer par le musique et la fête, pour relier les gens «sans contrainte, de façon naturelle». (apic/mjp)

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