Des faits «qui ne tombent pas sous le coup du code pénal»
Zurich, 24 août 2000 (APIC) Accusé de pédophilie, un prêtre de 43 ans, administrateur de la paroisse d’Urdorf, dans le canton de Zurich, s’est vu contraint à quitter ses fonctions. Pour le porte-parole du vicariat épiscopal de Zurich, l’accusation de pédophilie, relative à des faits remontant à une dizaine d’années, ne serait pas fondée dans toute la gravité du terme. Le Conseil presbytéral du diocèse de Coire cherche une nouvelle affectation pour le prêtre dans le collimateur des médias.
Le quotidien zurichois «Tages Anzeiger» a reproché la semaine dernière à l’évêque auxiliaire à Zurich, Mgr Peter Henrici, de continuer à employer un prêtre malgré le fait qu’il ait eu connaissance d’»harcèlements sexuels» envers des garçons et des adolescents. Le porte-parole de l’évêque, Georg Rimann, a expliqué que l’Eglise catholique voulait donner une nouvelle chance à ce prêtre, «dont la vie comporte des pages effectivement sombres», mais qui s’est depuis remis dans le bon chemin.
Des faits remontant à une dizaine d’années
Les accusations actuellement «colportées» dans le canton de Zurich se rapportent à des agissements remontant à une dizaine d’années. Ce qui s’est passé alors n’est pas aussi grave que le laisse supposer le quotidien des bords de la Limmat. Les faits reprochés ne sont pas de nature à entraîner des poursuites pénales, poursuit le porte-parole de l’évêque.
«Lorsqu’il s’est rendu compte de la campagne menée contre lui», le prêtre a spontanément donné sa démission. Il a annoncé son retrait de la cure d’Urdorf lors d’une séance entre l’autorité paroissiale et l’évêque auxiliaire, Mgr Peter Henrici. Les fidèles désiraient voir rester leur curé mais ce dernier a clairement dit qu’il ne se sentait pas la force d’affronter de nouvelles attaques sur son passé, poursuit Georg Rimann.
Condamné par l’opinion publique
Le porte-parole de Mgr Henrici ne veut pas minimiser les accusations portées contre l’administrateur d’Urdorf» mais les nuancer. Avec le risque que l’opinion publique, qui attend une attitude plus tranchée, condamne le prêtre. L’évêque n’a rien à reprocher au prêtre pour ce qui touche l’exercice de son ministère au sein de l’Eglise.
«Durant ces dix dernières années», alors qu’il était entraîneur sportif, le prêtre obligeait des adolescents à se doucher «jusqu’à trois fois par jour», selon le «Tages Anzeiger». Il se douchait alors la plupart du temps avec eux, les savonnait, entre autres, et les entraînait dans des jeux de lutte et de bousculade. Selon la même source, le prêtre aurait, de façon répétée, emmené des jeunes dans sa chambre «pour des entretiens particuliers ou pour qu’ils y passent la nuit».
Déplacé au Tessin
En 1987, selon un accord signé avec l’ordre franciscain dont il fait partie, le prêtre a été déplacé au Tessin. Il y a passé un certain temps sous la houlette d’un superviseur, chargé de lui éviter tout contact, privé ou professionnel, avec des enfants. L’an dernier, l’Ecole fédérale de sport de Macolin ne lui a pas renouvelé son brevet de moniteur.
Le Conseil épiscopal de Coire a cherché une autre affectation pour le prêtre lors de sa séance de ce jeudi. «Il n’y a pas de raison de le suspendre de son ministère pastoral». Ce n’est pas la première fois que la paroisse d’Urdorf fait les gros titres du «Tages Anzeiger». En juin dernier, évoquant le suicide de deux prêtres du diocèse de Coire dans un entretien accordé à l’APIC, Mgr Henrici avait parlé d’Urdorf comme d’une «paroisse divisée». (apic/gs/wm/mjp)
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