Un avion pour Bagdad: 150 personnalités européennes vont défier l’embargo contre l’Irak
Paris, 24 août 2000 (APIC) Le 29 septembre prochain, un avion affrété par le Père Jean-Marie Benjamin décollera de Paris, en direction de Bagdad, avec à son bord plus de 150 personnalités. En avril dernier déjà, le prêtre français avait déjà défié les forces américano-anglaises en posant pour la première fois en dix ans un appareil sur l’aéroport de Bagdad. Le vol Paris-Bagdad emmènera des députés de plusieurs pays européens, des hommes de lettres et des scientifiques, des Prix Nobel, des évêques et d’anciens ministres, ainsi que des journalistes.
L’action, coordonnée par 4 ONG françaises – «Amitiés franco-irakiennes», «Enfants du monde-droits de l’homme», «Co-développement tiers monde», «Coordination internationale pour la levée de l’embargo» – résonne comme un défi lancé aux Etats-Unis et aux Anglais, qui, aux dires du Père ont unilatéralement décrété les deux zones d’interdiction de vol, au sud et au nord de l’Irak. La France a d’ores et déjà donné l’autorisation au départ de l’avion.
Au Quai d’Orsay, à Paris, on confirme: «De notre point de vue, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a jamais adopté de texte spécifique visant à instaurer une interruption de vol général à destination ou en provenance de l’Irak».
Dans une interview accordée à l’APIC, à paraître lundi 21 août dans «La Liberté, le Père Benjamin assure avoir reçu de Paris la confirmation de l’illégalité des raids anglo-américains qui se poursuivent sur l’Irak. «Le but de l’action du 29 septembre est aussi de dénoncer les deux zones d’interdiction de vol, au nord et au sud, au niveau des 33e et 46e parallèle, décrétée unilatéralement par Washington et Londres. Contrairement à ce que peut dire ou écrire la presse ou ces deux capitales, ces zones d’interdiction n’ont pas été imposées par la communauté internationale. Elles n’ont jamais été reconnues ni par les Nations Unies, ni par la communauté internationale. En d’autres termes, les opérations anglo-américaines sont aujourd’hui encore et toujours unilatéralement décidées».
Vaste soutien et importante présence à bord
Le prêtre français annonce le soutien de 7 Prix Nobel, dont deux seront à bord. Seront aussi présents une quarantaine de parlementaires européens, dont près de 25 Français. Les autres viennent d’Italie, d’Allemagne, d’Angleterre et d’Autriche, notamment. La liste n’est pour l’heure pas exhaustive. Deux hommes politiques suisses figurent parmi les passagers. Des journalistes de la plupart des grandes agences de presse et de grandes chaînes de TV d’Europe – TFI, notamment, sont annoncés. Je vous confirme en outre la présence de quelque 60 artistes, des acteurs et des chanteurs de renom, français en particulier, ainsi que des hommes de lettres. Tous ce monde côtoiera des juristes européens de droits internationaux, des représentants de l’UNESCO, de l’UNICEF, de Médecins sans frontières, et des plus importantes organisations mondiales des droits de l’homme, des scientifiques, des ambassadeurs de France à l’étranger, des anciens ministres, ainsi que des personnalités religieuses, mondiales et françaises, dont deux évêques.
Un premier raid de défi à la zone d’exclusion aérienne qui frappe le sud de l’Irak s’est déjà produit. Le 3 avril 2000, le vol de l’opération «SOS Iraq People», parti d’Amman, en Jordanie, à bord d’un Cessna, était le premier à défier les zones d’interdiction de survol décrétées unilatéralement par les Américains et leurs alliés britanniques. Il avait à son bord le Père Benjamin, l’euro-député italien Vittorio Sgarbi, l’homme d’affaires Nicola Grauso – qui a financé la coûteuse opération qu’aucune assurance n’a voulu couvrir -, et le pilote Nicola Trifoni. (apic/Pierre Rottet)
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