Depuis les bombardements de 1998 à nos jours, lors de la seconde opération d’envergure, on compte environ 21’000 sorties d’avions, qui ont fait plus de 600 morts, et combien de blessés plus ou moins graves, affirme, chiffres en mains, le Père Benjamin. Ce dernier avoue avoir du mal à comprendre une presse qui s’est « acharnée » cinq mois durant sur le cas du petit Elian, cet enfant cubain aujourd’hui rendu à sa famille, alors que dans le même laps de temps, en Irak, plus de 25’000 enfants sont morts, soit l’équivalent d’une ville entière comme Neuchâtel. Des enfants qui ont perdu la vie dans les souffrances les plus atroces et dans l’indifférence la plus totale de la communauté internationale. « Cela fait dix ans que 5’000 à 6’000 enfants meurent par mois, ce sont les chiffres de l’UNICEF », s’indigne-t-il. Et de rappeler ces terribles chiffres de la guerre du Golfe: 95’000 tonnes de bombes tombées en Irak, un million de projectiles à l’uranium appauvri, soit, selon les documents officiels, 700 tonnes d’uranium 238 qui ont contaminé le territoire irakien, en particulier au sud.
Aujourd’hui, ces bombes tombent encore au sud, dans des régions où le thermomètre affiche 54 degrés, sur des villages plantés au milieu du désert, dépourvu d’électricité et sans eau potable. Sur 10’334 écoles, plus de 8’000 ont été détruites ou rendues inutilisables. Actuellement, moins de 40% des enfants irakiens vont à l’école. « D’un côté, on envoie des organisations comme l’UNESCO pour tenter d’aider dans le domaine de l’éducation. Et de l’autre, on poursuit l’embargo et les bombardements. L’ONU, sous la pression anglo-américaine, décrète un embargo et nous envoie ensuite pour compter les morts ». (apic/pr)
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