Le 3 avril 2000, le vol de l’opération « SOS Iraq People », parti d’Amman, en Jordanie, à bord d’un Cessna, était le premier à défier les zones d’interdiction de survol décrétées unilatéralement par les Américains et leurs alliés britanniques.
Ancien fonctionnaire de l’ONU, aujourd’hui cinéaste et réalisateur, le Père Benjamin était accompagné dans cette aventure « à la James Bond » de l’euro-député italien Vittorio Sgarbi, de l’homme d’affaires Nicola Grauso – qui a financé la coûteuse opération qu’aucune assurance n’a voulu couvrir -, et du pilote Nicola Trifoni. Ce dernier a été emprisonné quelques jours à Amman pour avoir violé l’espace aérien jordanien. L’avion, affrété à Brindisi, a été séquestré un mois sur une base militaire du Royaume hachémite. Le prêtre français, qui a déjà effectué des missions spéciales pour la Secrétairerie d’Etat du Vatican, milite depuis plusieurs années contre l’embargo meurtrier décrété par l’ONU en août 1990 suite à l’invasion irakienne du Koweït.
« Quand nous avons dévié de notre plan de vol à 100km de la frontière irakienne et avons annoncé que nous mettions le cap sur Bagdad, les aiguilleurs du ciel jordaniens nous ont traités de fous: « c’est interdit, vous allez vous faire abattre! ». Nous avons répondu qu’ils ne pouvaient pas tirer sur une mission humanitaire, avec à bord un parlementaire européen, un prêtre du Vatican et un industriel italien…
Le Père Jean-Marie Benjamin est né en France en 1946, mais il réside en Italie depuis 1975. Ordonné prêtre à Rome en 1991, il est l’auteur de plusieurs livres publiés en France et réalisateur de films. Musicien, compositeur et chef d’orchestre, certaines de ses chansons ont été interprétées par Dalida ou Gérard Lenorman. Membre de la « Société des gens de lettres » en France, il est l’auteur de l’hymne de l’UNICEF, de diverses symphonies, oratorios et musiques de films. Actuel secrétaire général de la Fondation « Beato Angelico », il est également directeur à Assise de la société de production multimédia TAU. Ses films documentaires, « Irak: la Genèse du Temps » et « Irak, voyage au royaume interdit », révèlent les conséquences désastreuses de l’embargo et de la contamination radioactive de la population. Des rapports officiels du Département de la Défense américain, du Pentagone et du Ministère de la Défense britannique reconnaissent que 200’000 vétérans de la Guerre du Golfe ont été contaminés. (apic/pr)
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