Après le « mea culpa » du pape Jean Paul II
Varsovie, 27 août 2000 (APIC) Suivant l’exemple du pape Jean Paul II, l’Eglise catholique polonaise a fait à son tour son « mea culpa » pour ses manquements durant la shoah et pour avoir toléré de l’antisémitisme au sein du clergé et parmi les fidèles. Dans une lettre lue dimanche dans toutes les églises du pays, les évêques polonais ont appelé leurs fidèles à lutter contre l’antisémitisme et demandé pardon pour les manquements de l’Eglise à l’époque de l’extermination des juifs par les nazis.
Les évêques ont adopté cette demande de pardon vendredi lors d’une assemblée spéciale à l’occasion du Grand Jubilé de l’an 2000 au sanctuaire marial national de Czestochowa. Son contenu a été publié par la « Gazeta Wyborcza » de samedi. « Nous demandons pardon pour ceux qui parmi nous montrent du mépris pour les gens d’autres confessions ou tolèrent l’antisémitisme », déclarent les évêques. « L’antisémitisme, tout comme l’antichristianisme, est un péché », peut-on lire dans la lettre.
Titre de docteur honoris causa au rabbin Elio Toaff, de Rome
Le « mea culpa » de l’Eglise polonaise doit être interprété comme un « geste de réconciliation » dans le sens de l’année jubilaire, a déclaré dimanche l’archevêque de Lublin, Mgr Jozef Zycinski. Avec ce document, l’Eglise veut promouvoir une « nouvelle mentalité » au sein de la population polonaise et créer les conditions pour un dialogue durable entre catholiques et juifs. Mgr Zycinski annonce de prochaines initiatives culturelles pour ouvrir de nouvelles voies vers de meilleures relations. C’est dans ce sens que l’Université catholique de Lublin décernera le 6 novembre prochain le titre de docteur honoris causa au rabbin Elio Toaff, de Rome.
L’indifférence de nombreux Polonais face à l’extermination des juifs par les nazis
Les évêques polonais admettent que durant la tragédie de la nation juive, l’holocauste perpétré par les nazis durant la dernière guerre en Pologne, à côté de nobles efforts entrepris pour sauver des juifs, les Polonais ont aussi souvent fait preuve d’indifférence et d’hostilité. Sur les quelque 3,3 millions de juifs vivant en Pologne avant l’occupation allemande, seuls quelques dizaines de milliers ont survécu aux camps d’extermination nazis.
La lettre appelle les catholiques à renforcer la solidarité avec le peuple d’Israël afin qu’une telle tragédie ne puisse plus jamais survenir, où que ce soit dans le monde. L’épiscopat polonais demande également aux fidèles de combattre efficacement toutes les manifestations d’antijudaïsme, qu’elles proviennent d’une fausse interprétation de l’enseignement de l’Eglise ou de l’antisémitisme. La déclaration relève que l’antisémitisme est une haine qui découle d’idées nationalistes ou raciales qui existent encore parmi les chrétiens.
Les évêques polonais soulignent aussi que les idées antipolonaises de certains groupes juifs doivent également être contrées avec la même détermination. Dans leur message, les évêques lancent un appel au dialogue avec les non-croyants, à la solidarité, au respect mutuel et à la coopération avec les autres confessions dans l’intérêt du « bien commun. » En mai dernier déjà, le cardinal Jozef Glemp, primat de Pologne, avait reconnu les manquements de prêtres, notamment les déclarations antisémites de certains d’entre eux. Il avait également fait des excuses pour des cas d’intolérance religieuse parmi les prêtres et les religieux. (apic/kna/cic/be)
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