Timor Est: Les Timorais fêtent le 1er anniversaire du référendum sur l’indépendance
Dili/Djakarta, 30 août 2000 (APIC) Plus de 1’500 fidèles est-timorais ont fêté mercredi dans la cathédrale de la capitale, Dili, le premier anniversaire du vote du Timor oriental en faveur de son indépendance de l’Indonésie. La messe était présidée par Mgr Carlos
Filipe Ximenes Belo, administrateur apostolique de Dili et co-Prix Nobel de la Paix 1996. Mgr Belo a appelé les habitants à «se rassembler à travailler pour l’avenir».
Le 30 août de l’an dernier, avec une affluence record aux urnes, le peuple timorais s’exprimait massivement en faveur de l’indépendance de l’ancienne colonie portugaise occupée par l’Indonésie depuis 1975 et aujourd’hui sous administration provisoire de l’ONU. La résultat du vote déclenchait immédiatement une vague de terreur de la part des milices pro-indonésiennes armées par les forces de sécurité de Djakarta, faisant plus d’un millier de morts et de disparus dans les rangs des indépendantistes et de la population civile. Le pays était systématiquement ravagé et plus de 250’000 Timorais fuyaient l’ancienne colonie portugaise. L’Administration transitoire des Nations Unies au Timor Oriental (ATNUTO), mise en place après l’intervention militaire internationale qui a mis fin à la terreur, prévoit des élections générales au Timor Est d’ici la fin de l’an 2001.
Le leader indépendantiste est-timorais Xanana Gusmao – qui a été confirmé mercredi 30 août au poste de président du Conseil National de la Résistance Timoraise (CNRT), tandis que le Prix Nobel de la Paix José Ramos Horta et Joao Carrascalao étaient élus vice-présidents – participaient à la messe. On notait également la présence du responsable de l’administration provisoire de l’ONU à Timor Est, Sergio Vieira de Mello, et de membres des troupes de l’ONU. Auparavant, près de 3’000 personnes avaient participé à une procession colorée dans les rues de la capitale. A la fin de la messe, la foule s’est rendue au cimetière de Santa Cruz pour rendre hommage aux victimes d’un massacre de civils perpétré par l’armée indonésiennes en 1991.
Le HCR reprend ses activités dans les camps de réfugiés de Timor Ouest
Pendant que les célébrations se déroulaient dans l’allégresse à Dili, l’ONU signalait que près de 2’000 miliciens pro-indonésiens manifestaient devant ses bureaux à Kupang, capitale provinciale de Timor Ouest, en Indonésie voisine. Malgré les menaces des milices, le Haut Commissariat des Nations Unies aux Réfugiés (HCR) a décidé de reprendre ses activités dans les camps de réfugiés de Timor Ouest. La décision a été prise après que les autorités de Djakarta aient ouvert des enquêtes sur la sauvage agression contre trois employés du HCR commise le 22 août par les milices pro-indonésiennes qui ont fui le Timor oriental.
Mgr Carlos Ximenes Belo, administrateur apostolique de Dili, a dénoncé publiquement la semaine dernière les tentatives des milices pro-indonésiennes de s’infiltrer au Timor Est. Le chef de file des catholiques de Timor Est a fait appel au Conseil National de la Résistance Timoraise (CNRT) afin qu’il fasse son possible pour bloquer l’afflux des miliciens. Il a en outre suggéré une collaboration entre les anciens guérilleros est-timorais et les forces de paix de l’ONU. Il a enfin déclaré: «Nous nous demandons ce que veulent ces personnes qui se déplacent clandestinement en petits groupes. S’ils ont l’intention de s’intégrer pacifiquement à la population locale, ils sont les bienvenus. Si ce n’est pas le cas, nous ne pouvons supporter que ce qui s’est produit au mois de septembre dernier ne se répète». Après le référendum d’indépendance, le 30 août 1999, les milices anti-indépendantistes ont pendant des semaines semé la mort et la dévastation au Timor Est.
Les réfugiés est-timorais otages des milices pro-indonésiennes
Le 22 août dernier, trois employés du HCR ont été sauvagement attaqués à coups de bâtons et de machettes alors qu’ils apportaient de l’aide aux rééfugiés est-timorais regroupés dans le camp de Naen, près de Kefamenanu (province du centre-nord du Timor Ouest, à mi-chemin entre Kupang et Atambua) situé à une centaine de kilomètres de la frontière de Timor Ouest avec Timor Est.
Deux jours après l’attaque, l’agence des Nations Unies avait suspendu ses aides aux Timorais de l’Est réfugiés dans les camps de la partie occidentale du Timor. Le HCR a accusé les forces de sécurité indonésiennes de ne rien faire pour mettre un terme à la violence de leurs affidés.
Près de 100’000 personnes, qui avaient cherché refuge pour échapper à violence des milices pro-indonésiennes déclenchée par le référendum sur l’indépendance du Timor oriental il y a un an, n’ont pas encore été rapatriés. Elles dépendent de l’aide internationale et sont sous la constante menace des extrémistes pro-indonésiens installés dans les camps de réfugiés. Ces derniers ont lancé une violente campagne d’intimidation et érigé des barrages pour empêcher les réfugiés de retourner à Timor st, confirme le HCR.
Déjà plus de 150 agressions contre les employés de l’ONU
L’ONU affirme que depuis le début de sa mission, au mois d’octobre 1999, son personnel a subi au moins 150 agressions. En raison de l’insécurité croissante à Timor Ouest, la majeure partie des organisations humanitaires avaient récemment suspendu leurs activités en faveur des réfugiés, comme Médecins sans Frontières (MSF) et CARE.
La semaine dernière, le responsable de la mission de l’ONU à Timor Est, Sergio Vieira de Mello, a attiré l’attention sur la situation d’insécurité «proche de l’anarchie» causée par les milices pro-indonésiennes à Timor Ouest. Il a souligné que le gouvernement indonésien étaient en train de perdre le contrôle de certaines partie de la province au profit de gangs armés. Une délégation de haut responsables indonésiens ont eu des entretiens avec Vieira de Mello et ont promis de renforcer le déploiement de soldats et de policiers à Timor occidental. Djakarta a également promis de fermer les camps ces prochains mois. (apic/misna/bbc/be)
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