Ne pas relâcher l’effort de solidarité

Genève: L’Eglise catholique sort des chiffres rouges grâce à des produits extraordinaires

Genève, 31 août 2000 (APIC) C’est seulement grâce à des produits extraordinaires, à savoir plusieurs dons et legs importants pour un montant de plus d’un million de francs, que l’Eglise catholique de Genève a pu boucler positivement ses comptes 1999. « Il ne faut surtout pas relâcher l’effort de solidarité et faire comprendre aux catholiques genevois que le budget de fonctionnement courant de leur Eglise devrait être financé par les contributions ecclésiastiques, ce qui n’est pas le cas », commente Pierre Regad, secrétaire général de l’Association catholique romaine de Genève (ACR).

La contribution ecclésiastique – à Genève l’impôt ecclésiastique n’est pas obligatoire comme dans d’autres cantons suisses – n’est payée que par 14% des quelque 125’000 ménages catholiques du canton et rapporte environ 6,7 millions de francs. Et les contribuables catholiques qui paient effectivement ne versent en moyenne que la moitié de ce qui est indiqué sur leur bordereau d’impôt. « Sur les quelque 14’500 personnes qui paient, moins de 3’000 versent plus de 500 francs de contribution ecclésiastique – représentant les 3/4 des rentrées- , tandis que 8’000 paient 100 francs et moins », précise Pierre Regad.

Seule la maîtrise rigoureuse des charges permet des chiffres noirs

Les comptes 1999 de l’Eglise catholique de Genève sont en effet sortis des chiffres rouges grâce à des produits extraordinaires, à savoir plusieurs dons et legs importants pour un montant de plus d’un million de francs. Avec environ 600’000 francs de plus que l’année précédente, le produit de la contribution ecclésiastique a dépassé les prévisions budgétaires et les dépenses effectives de l’exercice 1999.

Les frais de fonctionnement courants de l’Eglise genevoise, pour les salaires et les frais d’animation pastorale, se montent à quelque 7,6 millions de francs, et les revenus de la contribution ecclésiastique à près de 6,7 millions. Ce sont les autres revenus (placements, locations, etc.) qui bouchent le trou et permettent, pour 1999, un léger bénéfice de 150’000 francs. A quoi s’ajoutent les dons.

Grâce à une bonne maîtrise des charges, inférieures de 433’000 francs au budget, les comptes 1999 de l’Eglise genevoise, chroniquement fragiles, présentent un bénéfice total est de 594’000 francs. Si les recettes de la contribution ecclésiastique ont globalement augmenté, le montant n’a pratiquement pas évolué de 1998 à 1999, passant de 459 à 462 francs par contribuable.

Trop souvent une mentalité de consommateurs

Pour le secrétaire général de l’ACR, qui gère les finances de l’Eglise genevoise, si tous les catholiques du canton qui ne paient jamais leur contribution ecclésiastique versaient 100 francs par an, les recettes augmenteraient d’un coup de 11 millions. Mais le problème est que dans l’anonymat d’une grande ville comme Genève, davantage qu’à la campagne, les gens n’ont pas conscience que les services qu’ils exigent, « avec trop souvent une pure mentalité de consommateurs », doivent être financés par un biais ou un autre. « Allez demander une participation financière pour le chauffage ou le nettoyage de l’église à l’occasion d’un mariage, et pour certains, c’est directement les hauts cris! ».

Lancement d’une enquête sociologique

Pour Pierre Regad, il faut que l’on conscientise la base des catholiques, qui doivent savoir que les services dont ils bénéficient – catéchèse de leurs enfants, préparation au mariage, aumôneries, locaux disponibles, etc. – ne sont pas gratuits et qu’ils doivent se montrer solidaires. Les campagnes de sensibilisation de l’Eglise ne touchent en général que les gens qui paient déjà quelque chose, tandis qu’elles passent souvent à côté de ceux qui ne versent rien. Les perspectives de l’Eglise est de maintenir à l’avenir les dépenses à leur niveau actuel et de pousser la réflexion pour trouver la manière de parler aux gens. Pierre Regad reste convaincu qu’il n’y a que la communication directe avec les gens, aux réunions de parents, dans les paroisses, dans la préparation au mariage… qui permette d’améliorer la situation.

Une enquête sociologique va par ailleurs être lancée ces prochaines semaines par un institut spécialisé dépendant de l’Université de Genève. Il s’agit, au-delà des questions purement financières, de découvrir les sensibilités et les attentes des catholiques genevois à l’égard de l’Eglise, afin de mieux cibler son approche et son action. (apic/gt/e+m/be)

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