Sommet du millénaire pour la paix: Double langage de la Chine sur la liberté religieuse

« Aujourd’hui, la Chine connaît un âge d’or pour l’exercice du culte »

Pékin/New York, 31 août 2000 (APIC) La Chine pratique ouvertement, au niveau officiel, le double langage sur la liberté religieuse et les droits de l’homme. Tandis que l’évêque patriotique de Pékin affirme publiquement à l’ONU à New York que ces droits sont garantis en République populaire de Chine, la police chinoise procède à l’arrestation d’un prêtre de l’Eglise catholique clandestine après que ce dernier ait célébré la messe dans une maison privée. Plus de 150 évangélistes protestants ont été récemment appréhendés en Chine.

Membre de l’Eglise catholique dite « patriotique », la seule reconnue par les autorités communistes, Mgr Michel Fu Tieshan a affirmé sans broncher que la liberté religieuse était garantie dans son pays. Devant un parterre de plus d’un millier de leaders religieux du monde entier réunis depuis lundi au Sommet du millénaire pour la paix dans le monde qui se tient à New York sous l’égide de l’ONU, l’évêque de Pékin a fustigé les pays qui, au nom des droits de l’homme, « foulent aux pieds d’autres nations ».

Absence du Dalaï Lama

Le représentant de l’Eglise officielle chinoise a affirmé que personne ne doit abuser de la religion pour provoquer des conflits ethniques. Mgr Fu Tieshan a relevé que la culture chinoise était empreinte d’harmonie et de tolérance, également à l’égard des autres religions et cultures. « Aujourd’hui, la Chine connaît un âge d’or pour l’exercice du culte », a-t-il lancé. Mgr Fu Tieshan, qui dirige la délégation chinoise envoyée par les autorités de Pékin au Sommet du millénaire pour la paix dans le monde, n’a pas commenté l’absence à ce sommet du Dalaï Lama, chef spirituel de la communauté tibétaine.

En raison des pressions chinoises, ce dernier n’a reçu aucune invitation officielle de la part de l’ONU, mais en raison de vives protestations, notamment de la part de l’archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu, Prix Nobel de la Paix, le Dalaï Lama a tout de même été invité aux deux dernières journées de conférence, qui se déroulent en dehors de l’enceinte de l’ONU, dans un hôtel de New York. Le leader bouddhiste tibétain a toutefois décliné l’offre.

Message du pape Jean Paul II

« La seule religion digne d’un tel nom est celle qui conduit à la paix et la vraie religion est dévoyée lorsqu’on l’associe aux conflits et aux violences », affirme pour sa part le pape Jean Paul II dans un message adressé au président du Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux, le cardinal Francis Arinze, qui représente le Saint-Siège au Sommet mondial des chefs religieux de New-York. Jean Paul II souligne dans son message que « c’est un signe d’espérance lorsque les chefs religieux et spirituels du monde peuvent dire au monde d’une seule voix, que la paix est possible, que la paix est notre devoir sacré, que la paix est l’avenir que Dieu veut ».

« Les problèmes auxquels l’humanité se trouve aujourd’hui confrontée sont si amples et si complexes, poursuit Jean Paul II, qu’aucun peuple ou nation particulière ne peut les résoudre à lui/elle seul/e ». A fortiori la paix. « La construction de la paix non plus, poursuit le message du pape, ne peut être l’œuvre exclusive des représentants politiques ou des diplomates. Il s’agit d’une tâche à laquelle tous doivent contribuer; les chefs religieux et spirituels ont un rôle particulièrement important à jouer. Les religions ne peuvent offrir des solutions techniques à tous les problèmes du monde, du fait que ce n’est pas leur rôle. Mais ils offrent une sagesse morale et spirituelle qui illumine et enseigne la transcendante vérité de la personne humaine.

C’est seulement de là que jaillit les respect de la dignité humaine sans lequel il n’y a pas de justice ni de solidarité ni de paix ».

Engagement pour la paix, la sauvegarde de la création et la liberté religieuse

Jeudi, dans une déclaration finale qui doit être remise au secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, les leaders religieux du monde entier, dont de nombreux musulmans et juifs ont promis de s’engager pour la paix dans le monde et de refuser toute violence au nom de la religion. Ils ont lancé un appel à tous les groupes religieux, ethniques et nationaux afin qu’ils respectent le droit à la liberté religieuse. Ils s’engagent également dans leur document final à collaborer avec les Nations Unies pour éradiquer la pauvreté et le sous-développement. Les leaders religieux soulignent également que la protection de l’environnement fait partie des devoirs des communautés de croyants. (apic/kna/cnn/be)

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