« Les jugements négatifs sur les femmes sont indésirables’’
Dublin, 31 août 2000 (APIC) Deux commissions de la Conférence des évêques catholiques d’Irlande proposent de mettre entre parenthèses certains passages des écritures saintes et de ne plus les lire pendant la messe « parce qu’ils donnent une « impression négative des femmes qui est indésirable’’. Certains textes de la Bible, estiment-elles, donnent en effet une mauvaise image de la femme.
Un document intitulé « Violence domestique’’, rédigé par la Commission irlandaise « Justice et Paix » et la Commission pastorale de la Conférence des évêques, considère que le langage des écritures saintes a besoin d’être expliqué pour ne pas être interprété comme étant anti-femmes.
Les deux commissions épiscopales mentionnent sept passages du Nouveau Testament qu’ils souhaiteraient ne pas voir repris dans le nouveau Lectionnaire actuellement en élaboration à Rome. Le Lectionnaire comporte les lectures de la Bible choisies pour les célébrations de la messe et des sacrements. Des formulations comme « la femme doit être soumise à l’homme » ne doivent plus être utilisées pendant la messe. Si on devait les citer dans d’autres circonstances, elles devraient être absolument commentées à la lumière des enseignements actuels de l’Eglise, estiment les évêques irlandais. Ces passages sont: Col 3:18; 1 Pet 3:1-6; Titus 2:4-5; Eph 5:22-24; 1 Cor 11:3-16; 1Cor 14:33-35 and 1 Tim 2:11-15. Quatre de ces textes se trouvent dans l’actuel Lectionnaire.
La violence dans les ménages est en progression constante en Irlande
Ces recommandations sont contenues dans le document « Violence domestique’’ qui précise que la violence dans les ménages est en progression constante en Irlande. Les responsables pensent que seulement un tiers des femmes qui souffrent de violences conjugales le font savoir.
Chaque année en République d’Irlande, pays de tradition catholique qui compte environ 3’6 millions d’habitants, 18’000 femmes contactent des refuges pour femmes battues et y cherchent de l’aide. Les statistiques révèlent que les femmes enceintes sont particulièrement vulnérables. L’organisation « Women’s Aid » affirme que plus d’un tiers des femmes qui ont subi des violences physiques ont été agressées alors qu’elles attendaient un enfant. Le document considère toutefois que si la plupart des cas de violences domestiques sont le fait des hommes, « ce serait une erreur de présumer que toutes les violences domestiques soient commises par un seul sexe… les femmes également peuvent commettre des actes de violence contre les hommes. »
Dans une introduction au document, le président par la Commission irlandaise « Justice et Paix », Mgr Laurence Ryan, évêque de Kildare et Leighlin, et le secrétaire de la Commission pastorale de la Conférence des évêques, Mgr William Walsh, évêque de Killaloe, écrivent: « Dans le passé, plus de gens que l’on ne peut s’imaginer ont souffert le martyre sans nom de la violence domestique, en silence et sans obtenir réparation. Heureusement que la conscience de ce phénomène, dans son ampleur et sa diversité, est maintenant beaucoup plus largement répandue. C’est l’un des aspects salubre de notre société contemporaine ».
L’Eglise porte aussi sa part de responsabilité
Les deux évêques reconnaissent que l’Eglise porte aussi sa part de responsabilité, notamment en oubliant d’insister sur le fait que dans le mariage la soumission des époux devait être mutuelle. Cette soumission mutuelle a souvent été confondue avec la domination unilatérale de l’homme. « Il n’y a absolument aucune raison dans l’enseignement de l’Eglise de justifier la violence domestique et les abus de pouvoir’’, insistent-ils. « Le viol est le viol, qu’il soit commis au sein ou à l’extérieur d’une relation matrimoniale ». Le document, qui interpelle en premier lieu la communauté catholique irlandaise, conclut qu’une femme ou un mari a « le droit – et dans certains cas le devoir – de ne pas maintenir une relation dans laquelle il y a de sérieux abus ». (apic/cns/be)
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