«Des législations intrinsèquement immorales»
Rome, 7 juillet 2000 (APIC) «Les législations favorables à l’avortement et à l’euthanasie sont intrinsèquement immorales», a répété Jean Paul II vendredi aux quelque 800 participants du congrès des médecins, qui se tient à Rome du 3 au 7 juillet. Par conséquent, ajoute le pape, «les médecins catholiques doivent avoir recours à ’l’objection de conscience’ si on leur demande d’effectuer de tels actes».
Le Congrès convoqué par la Fédération européenne des Associations médicales catholiques, de la Fédération internationale des Associations des médecins catholiques et de l’Association des médecins catholiques italiens, a choisi le thème intitulé: «Médecine et droits de l’homme».
«Aujourd’hui malheureusement, a poursuivi Jean Paul II, nous vivons dans une société souvent dominée par une culture favorable à l’avortement – qui porte à la violation du droit fondamental à la vie de l’enfant conçu -, et par une conception de l’autonomie humaine qui s’exprime dans la revendication de l’euthanasie comme une auto-libération de situations pénibles». Pour le pape, l’euthanasie est aujourd’hui de plus en plus injustifiable vu «le grand progrès, enregistré ces dernières années par les soins palliatifs».
Jean Paul II a par ailleurs lancé un appel aux médecins spécialistes des recherches bio-médicales, pour les encourager à poursuivre leur travail avec la conviction néanmoins que «tout ce qui est possible scientifiquement n’est pas toujours moralement acceptable».
Le pape a expliqué d’autre part aux médecins que «les soins médicaux et les services techniques ne suffisent pas, même s’ils sont accomplis avec un professionnalisme exemplaire». Pour Jean Paul II en effet, il faut également offrir au malade un contact humain authentique, nécessaire pour lui redonner un «amour pour la vie» pouvant l’encourager à lutter, dans un effort intérieur parfois décisif pour la guérison. Il faut aider le malade à retrouver non seulement la santé physique, mais aussi la santé psychologique et morale», a-t-il souligné. Le pape estime dans ce contexte que les médecins catholiques sont particulièrement bien placés pour faire preuve envers les malades d’une attitude de «sollicitude pleine d’amour» fondée sur la foi. Il serait important par ailleurs, a-t-il ajouté, d’assurer une formation éthique et spirituelle à tout le personnel de la santé.
Répondre «aux appels silencieux»
Enfin, Jean Paul II a évoqué les populations victimes de «situations insoutenables» de souffrance, dans le monde entier et en particulier dans les pays pauvres. Le pape a ainsi invité les médecins catholiques à répondre aux «appels silencieux» de ceux qui sont privés de l’assistance sanitaire dont ils auraient besoin, en citant en particulier les victimes des épidémies de malaria, de lèpre ou du sida, qui meurent tous les jours «parfois dans l’indifférence générale de ceux qui pourraient ou devraient leur apporter un soutien». (apic/imed/ba)
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