Les limites de l’accord de Lomé

Sierra Leone: Mgr George Biguzzi déplore la reprise de la guerre

Makeni, 9 juillet 2000 (APIC), Mgr George Biguzzi, évêque de Makeni, déplore que «la guerre ait repris en Sierra Leone soumettant à nouveau la population à un véritable calvaire».

La signature des protocoles de Lomé entre le gouvernement de Freetown et le Front Révolutionnaire Uni (RUF), il y a un an, devaient marquer le début du processus de paix en Sierra Leone. Cet accord, écrit l’évêque, dans une déclaration publiée vendredi, répondait au profond désir d’une population exténuée par presque neuf années de guerre.

Certains points de l’accord «étaient très discutables sur le plan moral, comme par exemple l’amnistie générale à tous les combattants du RUF auteurs de crimes, mais ce fut le seul moyen de mettre un terme aux souffrances et à la violence de la guerre civile «.

«Un processus de paix resté lettre morte»

«Ce début d’un processus de paix est resté malheureusement lettre morte», regrette l’évêque d’origine italienne. «Le désarmement n’a pas eu lieu à cause de la mauvaise volonté du RUF; les postes de contrôle n’ont pas été démantelés; les zones diamantifères sont restées fermées au gouvernement et la commission ’Vérité et Réconciliation’ n’a pas été constituée. Enfin l’intervention de la force du maintien de la paix des Nations Unies n’a pas permis de conjurer le pire. La guerre a repris il y a deux mois et le calvaire a recommencé pour des dizaines de milliers de personnes».

Aux yeux de Mgr Biguzzi, les limites de l’accord de Lomé semblent «de plus en plus évidentes», notamment le problème de la justice face aux responsabilités du RUF pour les crimes commis. Il invite pourtant à regarder l’avenir avec espoir. Et ajoute: «Il est important que la communauté internationale aide le gouvernement de Freetown à renforcer ses propres institutions et ses propres services de sûreté. Le désarmement doit être imposé dans la mesure ou il n’est pas possible autrement».

«Le trafic diabolique des armes»

«Il faut empêcher le commerce illicite de diamants et le trafic diabolique des armes, poursuit l’évêque de Makeni. Ceux qui ont commis des crimes de guerre et de graves violations des droits de l’homme doivent en répondre devant la justice. Le gouvernement et la société civile doivent promouvoir une culture du respect envers les institutions, la fidélité envers la nation et la réconciliation entre tous. Il ne faut pas non plus abandonner les milliers de nouveaux réfugiés à leur destin. «

Mgr Georges Bifuzzi appelle enfin les habitants de Sierra Leone «à une véritable conversion des coeurs, à un repentir sincère et à une profonde réconciliation dans la justice et le pardon». «Nous savons que le Seigneur nous aime, conclut-il. Nous prions afin que le monde n’abandonne pas la Sierra Leone à la violence des armes». (apic/cip/mna/ba)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/sierra-leone-mgr-george-biguzzi-deplore-la-reprise-de-la-guerre/