Engagement en faveur du désendettement des pays du Sud

Suisse: Plus 17’000 signatures pour l’introduction d’un droit international d’insolvabilité

Lausanne, 10 juillet 2000 (APIC). En moins de quatre mois, la pétition pour l’introduction d’un droit international d’insolvabilité, lancée par Pain pour le Prochain et l’Action de Carême, a récolté plus de 17’000 signatures. Un message clair envers les autorités politiques suisses: les citoyens demandent un engagement plus courageux en faveur du désendettement des pays du Sud.

La Campagne oecuménique de Pain pour le Prochain et de l’Action de Carême demande l’introduction d’un droit international d’insolvabilité, une procédure transparente et équitable qui permettrait aux Etats surendettés de bénéficier d’une remise de leur dette car le paiement de la dette mettrait en effet en péril la satisfaction des besoins essentiels des populations.

Cette proposition a été lancée le 9 mars à Berne lors d’un symposium réunissant des membres de la campagne internationale «Jubilé 2000» ainsi des représentants politiques et économiques suisses. Elle a été bien reçue par la population.

La pétition a été adressée aux représentants suisses auprès de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI). Face à la spirale d’endettement des pays pauvres, les citoyens suisses demandent donc plus de justice et de soutien à la création d’un nouvel instrument de régulation de la politique économique internationale.

Démarches politiques

Fin mars, le conseiller national radical Christoph Eymann, président de Pain pour le Prochain, a déposé une motion demandant au Conseil fédéral de s’engager pour l’introduction d’un droit international d’insolvabilité. En Allemagne, le Bundestag a demandé au gouvernement d’examiner les possibilités de ce droit avec les pays du G7. Aujourd’hui les œuvres d’entraide Pain pour le Prochain et l’Action de Carême attendent donc un signe et une volonté claire de la part des autorités politiques suisses.

Dans le cadre de la campagne internationale «Jubilé 2000» l’introduction d’un droit d’insolvabilité sera à l’ordre du jour de diverses rencontres internationales, dont le sommet de l’ONU «Finance for Development» de 2001. En outre l’idée de susciter un cas d’école en amenant un Etat – par exemple d’Equateur – à se déclarer insolvable, est actuellement à l’étude. ( apic/com/mm).

Rome: Dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe à Baltimore.

Le cardinal Cassidy: une réunion «très délicate»

Rome; 10 juillet 2000 (APIC) Jean Paul II espère beaucoup de la réunion de la Commission mixte internationale pour le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes, qui a lieu à Baltimore aux Etats-Unis du 9 au 19 juillet. «Il estime que cette rencontre peut promouvoir la compréhension mutuelle entre les deux Eglises et qu’elle signifie un pas de plus vers l’unité plénière des chrétiens». Le cardinal Cassidy explique l’enjeu de la rencontre.

Président de la délégation catholique, de concert avec Mgr Stylianos, archevêque grec-orthodoxe d’Australie, le cardinal Edward Idris Cassidy, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, a expliqué à I.Media à Rome avant son départ que la réunion de Baltimore sera «très délicate». Il sera en effet question des «uniates» de l’Eglise gréco-catholique, en particulier en Ukraine occidentale et que ce sujet reste très sensible pour le patriarchat de Moscou.

Les participants de la Commission mixte internationale devront se mettre d’accord sur un document concernant les Eglises catholiques de rite oriental, en prenant en considération les difficultés exprimées par les orthodoxes sur l’application du texte qui avait été signé à Balamand au Liban, le 23 juin 1993, lors de la précédente réunion de la Commission.

Le document de Balamand rejetait le principe du rattachement à Rome de communautés de rite oriental comme moyen de parvenir à l’unité des Eglises, mais affirmait le droit à l’existence des Eglises orientales catholiques déjà constituées.

A Baltimore, la délégation de l’Eglise catholique devra donc tenir compte à la fois des préoccupations des Eglises gréco-catholiques d’Europe de l’Est, et des exigences des Eglises orthodoxes, la possibilité d’une rencontre entre le pape et Alexis II dépendant beaucoup de l’accord qui sera trouvé sur ce point.

Craintes et susceptibilités de l’Eglise gréco-catholique

Pour leur part, plusieurs représentants de l’Eglise gréco-catholique ukrainienne se disent inquiets à l’idée de pouvoir être dans une certaine mesure «sacrifiés» au dialogue oecuménique. Certains ont ainsi manifesté de l’amertume, le 7 mai dernier, lors de la cérémonie de «commémoration oecuménique des témoins de la foi» que le pape a présidée au Colisée à Rome. Ce jour-là en effet, malgré la présence de représentants du clergé gréco-catholique ukrainien, c’est un prêtre orthodoxe qui avait été invité à lire en ukrainien une prière concluant l’évocation des chrétiens ayant souffert du totalitarisme soviétique.

Jean Paul II a prévu depuis lors de se faire représenter par le cardinal Vinko Puljic, archevêque de Vrhbosna-Sarajevo, aux célébrations du pèlerinage international ukrainien au sanctuaire marial de Zarvanycia en Ukraine, prévu le 22 et 23 juillet, à la demande du cardinal Myroslav Ivan Lubachivsky, archevêque majeur de Lviv des Ukrainiens.

C’est le 30 novembre 1979, à l’occasion de la visite de Jean Paul II à Istanbul en Turquie, que le pape et le patriarche oecuménique orthodoxe de Constantinople, Dimitrios Ier, ont annoncé le début d’un dialogue officiel entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe, à travers la constitution de la Commission mixte Internationale pour le dialogue théologique. Au mois de juin 1980, celle-ci s’était rassemblée pour la première fois sur les îles de Patmos et Rhodes en Grèce. Puis des réunions plénières avaient eu lieu à Munich en Allemagne en 1982, à Gonia en Crète en 1984, à Bari en Italie en 1986-1987, à Uusi en Finlande en 1988, à Freising en Allemagne en 1990, et à Balamand au Liban en 1993. La Commission ne s’est pas réunie depuis. (apic/imed/ba)

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