Colombie: La paix en marche: La Convention nationale lancée les 24 et 25 juillet à Genève
Par Pierre Rottet, de l’Agence APIC
Bogota/Berne, 12 juillet 2000 (APIC) Des délégations gouvernementales de Cuba, d’Espagne, de France, de Norvège et de Suisse participeront en qualité de « pays amis » au processus de dialogue engagé entre le gouvernement Colombien et l’Armée de libération nationale (ELN). Le rendez-vous colombien se tiendra en prélude au « Sommet » de Genève. Ce dernier accueillera les 24 et 25 juillet – ainsi que l’a confirmé le 12 juillet à Berne le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) les principaux acteurs de la société civile colombienne, l’ELN ainsi que des représentants des gouvernements suisse et colombien. Objectif de l’événement genevois: lancer la Convention nationale dessinée par l’ELN.
En fin de semaine, des délégués de cinq pays se retrouveront en Colombie, dans le sud du Département de Bolivar, pour entamer des négociations entre Camilo Gomez, haut commissaire pour la paix, délégué par le gouvernement du président Pastrana, et deux représentants du Commandement central de l’ELN, Pablo Beltran et Oscar Santos.
La rencontre colombienne aura lieu dans la zone récemment accordée à la guérilla de l’ELN par le gouvernement colombien. Les parties définiront notamment les contours du Sommet de Genève.
La rencontre de Genève a pour objectif de lancer la Convention nationale née des Accords de Mayence (Allemagne), confirme Felix Murillo, porte-parole de l’ELN en Suisse. « Les trois parties engagées dans le processus de paix y prendront part, à savoir, le gouvernement, l’ELN ainsi que les 80 délégués, représentatifs de l’ensemble des groupes sociaux, des groupes de pouvoir en passant par les organisations sociales, paysannes, indigènes, noires ou celles d’autres travailleurs engagés en faveur les droits de l’homme.
Les 3 objectifs de Genève
La réunion de Genève a trois objectifs, explique le porte-parole de l’ELN. Le premier à trait au processus de paix engagé entre le gouvernement colombien et l’ELN, les deux autres sont liées à l’ELN et la société civile. Il conviendra en effet tout d’abord de donner un cadre de la Convention nationale, de discuter sur ce que l’ELN propose à la société colombienne; pour mettre ensuite en place les accords de Rio Verde (août 1998), définis dans le Département d’Antiochia entre les acteurs de la société civile, le gouvernement et l’ELN. Lors de la signature de ces Accords, un calendrier et des mécanismes pour donner l’impulsion nécessaire à la Convention nationale avaient été définis. « Genève reprendra les 5 thèmes phares abordés à Rio Verde, à savoir: droits de l’homme et droits international humanitaire; modèle économique et Etat; ressources naturelles; réformes agraires, groupes ethniques, narcotrafiquants; ainsi qu’une série de propositions liées au social et à l’avenir du pays.
S’agissant des cinq derniers otages de l’avion de la compagnie Avianca, détourné en 1999, Felix Murillo admet qu’ils sont toujours aux mains de l’ELN. Le sort de ces cinq personnes ne sera pas discuté à Genève. Cette question, dit-il, ne peut être débattue que sur sol colombien. Il n’exclut pas qu’une commission soit créée pour aborder le délicat problème de ces otages, réclamés à corps et à cris par les familles. Selon le porte-parole de l’ELN, rien encore n’est défini sur la participation à Genève des autres « pays amis ». Cela se discutera en fin de semaine en Colombie. Seule certitude, la Suisse sera du nombre. En compagnie du CICR? « Possible, mais pas certain ».
L’avenir de la Convention nationale devrait par la suite se dessiner avec la mise sur pied d’une Assemblée constituante, composée par des représentants de l’ensemble de la société civile, du gouvernement et de l’ELN. Cela en parallèle avec le processus de dialogue engagé avec le gouvernement. La création du groupe des « pays amis » a été définitivement ratifiée le 4 juillet dernier par les représentants du gouvernement et de l’ELN, respectivement Camillo Gomez et Pablo Beltran. (apic/pr)
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