Télégramme du pape

Rome: Décès de l’ancien archevêque anglican de Canterbury Robert Runcie

Rome/Londres, 13 juillet 2000 Le pape Jean Paul II a fait parvenir un télégramme de condoléances à l’archevêque de Canterbury, George Carey, après le décès de son prédécesseur, l’archevêque anglican Lord Robert Runcie.

«Regardant dans la foi vers le Christ ressuscité, écrit le pape, je me joins à vous pour recommander l’archevêque Runcie au Dieu de miséricorde. Je rends grâce à la Sainte Trinité pour les moments où nous avons prié ensemble, en particulier lors de ma visite dans la cathédrale de Canterbury en 1982 et lorsque l’archevêque est venu par la suite à l’Eglise Saint-Grégoire à Rome».

«Je souhaite ardemment, conclut Jean Paul II, qu’en faisant mémoire de l’archevêque Runcie, nous nous efforcerons tous d’aimer encore plus profondément le passé qui est notre héritage commun.

L’archevêque anglican de Canterbury est décédé le 11 juillet à son domicile de Saint-Albans, à l’âge de 78 ans.

Même s’il a travaillé dur pour faire de l’Eglise d’Angleterre une Eglise moderne et tournée vers l’extérieur, la question de l’ordination des femmes prêtres à représenté pour lui une longue suite d’interrogation. Son Eglise s’est en effet trouvée de plus en plus enlisée dans cette question. Son propre instinct le poussait à adopter une attitude favorable, mais il était trop conscient de son rôle de dirigeant d’une Eglise divisée et aussi des répercussions possibles sur un rapprochement croissant avec le catholicisme pour donner une direction à suivre.

Des années de luttes internes et d’incertitudes

Il s’ensuivit des années de luttes internes et d’incertitudes, Robert Runcie adoptant une attitude d’observateur, incapable de régler la crise. Ce n’est qu’après son départ à la retraite que la mesure d’ordonner des femmes a été approuvée, mais cette crise avait déjà laissé de profondes traces au sein de l’Eglise d’Angleterre et de la Communion anglicane.

La question des femmes prêtres a aussi terni les succès obtenus par Robert Runcie en matière d’oecuménisme. Il a organisé la visite historique du pape Jean Paul II à Canterbury en 1982 et appuyé avec enthousiasme le renforcement des relations entre les Eglises, qui n’ont jamais été aussi étroites, et qui ont conduit peu après à la formation de la deuxième Commission internationale anglicane-catholique romaine (ARCIC II).

Pourtant, lorsque Jean Paul II est devenu plus réservé à cet égard, Robert Runcie a semblé incapable d’insuffler un nouveau dynamisme lors des ses fréquentes visites à Rome. Dans son pays, certains lui ont reproché de diriger l’Eglise d’Angleterre avec un oeil rivé sur le Vatican, mais en réalité Robert Runcie était déchiré entre un rêve qu’il caressait depuis longtemps – celui d’une plus grande intégration – et le choeur des voix qui, dans son Eglise, réclamaient l’ordination des femmes. Or ceci, il le savait, allait considérablement décourager l’intérêt des catholiques.

Avec L’Eglise orthodoxe, cependant, Robert Runcie a connu plus de succès. Sa participation au dialogue entre les deux Eglises, qui a débuté lorsqu’il était évêque de Saint- Albans, a été renforcée en 1979, lorsqu’il a pris un congé sabbatique pour visiter les centres du monde orthodoxe en Turquie, en Grèce, en Terre Sainte et en Union Soviétique, et a continué même lorsqu’il a pris sa retraite. Mais là encore, après le vote sur l’ordination des femmes, il a constaté un profond changement: une minorité d’anglicans déçus rejoignant l’Eglise orthodoxe alors qu’une majorité de dissidents se tournaient vers Rome.

Sans amertume

Il lui aurait été facile à l’âge de la retraite de devenir amer devant le sort qui lui avait été réservé en tant qu’archevêque de Canterbury et devant les critiques injustes qui lui avaient été faites; mais Robert Runcie ne s’est pas départi de sa gaieté et de son dynamisme sur la scène nationale, réclamant la guérison des blessures causées par le vote sur l’ordination des femmes et conseillant à l’aile anglo-catholique de l’Eglise d’Angleterre de rester au bercail et de conserver son identité distincte et ses traditions.

«C’était un homme de coeur qui, confronté au plus grand défi de l’histoire récente de l’anglicanisme, avait réalisé que, quels que soient les pouvoirs de sa charge, il ne pouvait empêcher l’Eglise d’Angleterre de se faire du mal. Sa douleur devant ce qui s’est passé a été immense, mais il est difficile d’imaginer comment un autre responsable aurait pu gérer cette crise». (apic/imed/eni/pr)

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