Kenya: Le Conseil national contre le sida accuse l’Eglise catholique de bannir le préservatif
Dakar,
(APIC) La majorité des personnes infectées par le virus du sida au Kenya seraient de jeunes catholiques qui n’utilisent pas le préservatif. C’est ce qu’a déclaré mardi dernier le conseiller technique du Conseil national de lutte contre le sida au Kenya, le Dr Sobie Mulindi. Le scientifique a violemment attaqué l’Eglise catholique lors d’un forum sur le développement, selon l’agence panafricaine de presse (PANA).
Le Conseil national contre le sida accuse l’Eglise catholique d’entraîner l’infection des jeunes en déconseillant l’usage du préservatif. Les territoires à majorité catholique tels que la province occidentale et la région de Nyanza, au Kenya, l’Est de l’Ouganda et le Rwanda ont les taux d’infection par le VIH les plus élevés, a déclaré Sobie Mulundi, citant les statistiques du Conseil national de lutte contre le sida.
Vives protestations du Secrétariat catholique
Ces propos ont suscité de vives protestations dans l’assistance du forum sur le développement, organisé par des Organisations Non gouvernementales (ONG) allemandes, basées au Kenya et consacré au problème de la pandémie du sida et des moyens de protéger la jeunesse.
Pour l’ancien coordinateur du programme national pour la vie familiale du Secrétariat Catholique, Maximillia Muninzwa, il faut s’attaquer aux racines du problème au lieu de lancer un nouveau débat stérile sur la propagation du VIH/sida.
Pour lui, la propagation exponentielle du sida en Afrique est liée à la pauvreté, au déficit d’informations sur la maladie, au chômage des jeunes et à l’environnement socio-économique propice à des «comportements sexuels irresponsables»: «le comportement sexuel est à l’image de celui que nous avons dans nos activités quotidiennes», a-t-il expliqué.
Maximillia Muninzwa a préconisé l’abstinence sexuelle pour prévenir le sida. Il a réaffirmé la position de l’Eglise sur les préservatifs qui, a-t-il dit, «ne sont pas des bonbons qui peuvent faire l’objet d’une promotion publique».
Réduction du taux d’infection par l’usage du préservatif
Citant les statistiques du Conseil, le dr. Mulindi a affirmé que l’utilisation du préservatif contribuait à réduire le taux d’infection dans la province occidentale de l’Ouganda et celle de Nyanza, au Kenya. Ces deux provinces comptent actuellement le plus grand nombre de personnes vivant avec le virus du SIDA dans le pays. (apic/ic/pana/mjp)
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