Mexique: Vincente Fox a promis la liberté religieuse dans sa campagne électorale
Mexico,
(APIC) Le nouveau président du Mexique Vincente Fox a promis des réformes concernant la liberté religieuse et les relations entre l’Eglise et l’Etat, durant sa campagne électorale. «La proposition du président Fox ouvre une nouvelle perspective, après 150 ans d’oppression des Eglises chrétiennes mexicaines», estime Manuel Gomez, directeur de l’Institut de Doctrine Sociale Chrétienne.
L’Eglise catholique, bien que reconnue officiellement, est sujette à de nombreuses discriminations: l’Etat dénie aux prêtres, religieuses et séminaristes certains droits civils. Les chrétiens ne jouissent pas de la liberté d’enseignement, de manifestation, de presse et d’expression politique. Les congrégations religieuses ne peuvent pas être propriétaires de médias. Pour transmettre une émission, il faut demander une autorisation au gouvernement et en payer les frais.
Président catholique et divorcé
Catholique et divorcé, Vincente Fox s’est engagé dans sa campagne électorale pour le respect du droit à la vie «de la conception à la mort naturelle», la protection de la famille, le droit des parents à éduquer leurs enfants et le libre accès à l’assistance spirituelle et religieuse dans les hôpitaux, les prisons et les centres d’assistance. Il a dit vouloir satisfaire la revendication des Eglises d’une plus grande liberté en abolissant l’art. 130 de la Constitution, ce qui leur ouvrira l’accès aux médias et à leur permettra de déduire de leurs impôts les activités qui contribuent au développement humain. Le nouveau chef d’Etat propose la libre circulation des ministres des Eglises et la promotion des études théologiques dans le domaine civil.
Une libération par étape
Les Eglises du Mexique n’ont pas eu la vie facile ces 150 dernières années. Après l’indépendance de 1821, le gouvernement mexicain a cherché à bloquer l’influence de l’Eglise catholique en niant ses droits juridiques puis en confisquant ses possessions. Inspirée des idéaux francs-maçons et socialistes, la Constitution de 1917 a attaqué l’Eglise, ne reconnaissait plus aucun droit civil ni aux prêtres, ni aux religieuses ni aux séminaristes. Les chrétiens ont été privés de la liberté d’enseignement, de manifestation, de presse et d’expression politique.
«Guerre des cristeros»
En 1926, avec la «guerre des cristeros», de jeunes ouvriers, des étudiants et des paysans se sont organisés en une «Ligue religieuse», revendiquant la liberté religieuse de l’Eglise par des grèves et un boycott économique. Le gouvernement a campé sur ses positions jusqu’à ce qu’éclate l’insurrection, en 1929. L’Eglise a alors été contrainte d’accepter un modus vivendi pour mettre fin au conflit.
En 1991, les réformes de la Constitution mexicaine ont accordé aux Eglises la reconnaissance juridique. Pas décisif même si des restrictions subsistent qui pourraient être levées par le nouveau président. (apic/cip-fs/mjp)
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