(2) Bayard éditions

(1) Ed. Albin Michel

Brésil: 10e Assemblée des communautés ecclésiales de base à Ilhéus

Point fort: l’accession des femmes au sacerdoce

Ilhéus, 21 juillet 2000 (APIC) Environ 15’000 personnes ont participé à la célébration finale de la dixième Assemblée nationale brésilienne des communautés ecclésiales de la base à Ilhéus, ville du sud de l’Etat de Bahia. Revendication débattue avec passion: la place des femmes dans l’Eglise catholique et leur accession au sacerdoce.

Plus de 3’000 délégués catholiques et leurs invités venus des pays d’Amérique latine et d’autres continents ont participé à la rencontre de cinq jours. Cette dernière avait aussi un caractère œcuménique par la présence de représentants des Eglises protestantes et orthodoxes.

Le document final de l’événement évoque les questions controversées internes à l’Eglise catholique, comme par exemple l’intercommunion entre les Eglises chrétiennes et l’accession des femmes au sacerdoce catholique. Autres sujets abordés: La trop grande centralisation de l’Eglise. « La permanence du cléricalisme et du machisme à l’intérieur de L’Eglise rend difficile le rêve d’une nouvelle communion ecclésiale », ont déclaré de nombreux participants. Ils adressent ainsi un appel implicite à la hiérarchie de l’Eglise de sorte qu’elle revoie ses positions anciennes et actuelles concernant l’ordination des femmes au sacerdoce. « Les communautés de base se sentent profondément meurtries, à cause du manque de prêtres, d’être privées de la table eucharistique dans ses célébrations dominicales. C’est pourquoi elles demandent instamment à l’Eglise de repenser la question du ministère réservé toujours uniquement à des hommes célibataires. Nos communautés rêvent toujours que le pouvoir ecclésial soit partagé dans le domaine des décisions et des ministères. La participation des femmes dans tous ces domaines serait un signe éclatant de renouveau et d’espérance pour toutes les communautés ».

Majorité de femmes

Deux facteurs, selon les observateurs de la dixième Assemblée des Communautés ecclésiales de base, ont permis que ce thème de la place des femmes dans l’Eglise ait eu ce ton polémique et passionné. Le premier est le fait que parmi les 3’000 délégués, les femmes étaient majoritaires. Une constatation vérifiée dans presque toutes les commissions.

Deuxième facteur: la présence de pasteures protestantes dans l’Assemblée. Lors de la cérémonie inter-religieuse de l’ouverture de l’Assemblée, quand la pasteure Vera Cristina Weissheimer, membre de l’Eglise luthérienne, est apparue, parée de vêtements liturgiques, des applaudissements nourris et prolongés ont retenti. Les jours suivants, elle a souvent été interpellée par des membres des communautés pour qu’elle leur explique le sens de son ordination sacerdotale et de ses activités de « pasteure » au sein de son Eglise.

Lors de l’évaluation d’une réunion sur le thème des ministères, une déléguée a été également vivement applaudie quand elle s’est écriée: « Nous sommes bien d’accord de continuer à nettoyer les bancs des églises, à condition que nous puissions, nous aussi, présider l’Eucharistie à l’autel! » Pendant les cinq jours de l’Assemblée, cette revendication est fréquemment revenue sur le tapis.

Selon le théologien Clodovis Boff, parmi les 63 autres théologiens qui accompagnaient la réflexion des délégués, les possibilités de voir des changements dans l’Eglise catholique concernant l’ordination des femmes au sacerdoce sont très restreintes, voire inexistantes sous le pontificat actuel. Certes le pape Jean Paul II a dit à plusieurs reprises la très grande importance des femmes dans la vie de l’Eglise catholique, mais il n’est pas question pour lui qu’elles puissent devenir prêtres.

De nombreux évêques présents

63 évêques catholiques du Brésil et d’Amérique latine étaient présent à l’Assemblée d’Ilheus. Leur présence a donné une force nouvelle aux revendications des femmes concernant la pleine égalité des hommes et des femmes dans l’Eglise catholique.

« Nous sommes conscients des changements et des nouveaux défis qui exigent des transformations dans les expressions concrètes des communautés de base. Nous voulons les suivre dans leur lutte pour reconnaître la dignité et l’égalité de la femme dans la vie de l’Eglise et de la société », écrivent les évêques dans une lettre adressée aux communautés ecclésiales de base.

Parmi les évêques évêques qui ont signé ce document, on trouve, entre autres, Mgr Pedro Casaldáliga, évêque de Sao Felix, (Mato Grosso), Mgr Tomás Balduíno, ancien évêque de Goias Velho, actuel président de la Commission de la Pastorale de la terre (CPT), Mgr Mauro Montagnoli, évêque d’Ilheus, (Bahia), Mgr Franco Masserdotti, évêque de Balsas, (Maranhao), Mgr Pedro Olmedo Rivero, évêque de Humahuaca en Argentine, Mgr Samuel Ruiz, ancien évêque de San Cristobal de Las Casas au Mexique et Mgr Raul Vera Lopéz, ancien coadjuteur du précédent et actuellement évêque de Saltillo au nord-est du Mexique.

Extraits du document final de la dixième Assemblée des communautés de base du Brésil

« Nous voulons partager avec vous nos doutes et les questions dans l’intention de faire face ensemble aux obstacles qui sont devant nous.

Nous percevons qu’il manque parfois de la clarté sur notre identité. Des communautés se ferment et se préoccupent exclusivement de sujets internes. Il persiste aussi quelque fois la pratique de l’autoritarisme de la part du clergé. Mais aussi de la part de certains laïcs. Et dans quelques communautés, la Bible se lit d’une manière fondamentaliste.

Une des grandes missions actuelles des communautés de base est d’affronter la société neo-liberal. On ne doit pas enlever aux personnes pauvres le droit de rêver à la réalisation concrète d’une vie plus juste entre les hommes.

La concentration de la terre, le processus d’endettement produit par la dette extérieure et interne, sans investissement dans social est un affront à cette égalité recherchée. Cette manière de faire continue de créer la misère et la dépendance pour la majorité des latino-américains.

Nous rêvons d’une Eglise de participation, accueillante à tous les ministères pour les hommes et les femmes de notre temps. Une Eglise missionnaire, mais attentive à la diversité des peuples et des cultures et des autres religions. Nous rêvons d’une Eglise-Mère, pauvre et accueillante, compromise avec la cause des exclus et ouverte aux nouveaux défis de notre temps. » (api/plp/ba)

Angola: La mission catholique de Ganda attaquée par des inconnus

Deux missionnaires angolais et 12 religieuses enlevés

Luanda, 21 juillet 2000 (APIC) Deux missionnaires angolais de la Province suisse des Pères de La Salette ont été arrêtés puis enlevés jeudi par des hommes armés dans la mission de Ganda en Angola. Une trentaine de personnes, parmi lesquelles 12 religieuses, des femmes, des personnes âgées et des enfants, ont également été fait prisonniers puis emmenés par les agresseurs.

Selon des sources missionnaires angolaises, les deux religieux séquestrés sont le Père Pedro Chingandu, 37 ans et le Père Joaquim Hatewa, 58 ans, tous deux responsables de la mission de Ganda.

La Province suisse des missionnaires de La Salette, dont le siège central se trouve ä Mörschwil dans le canton de St-Gall, précise que la majorité de leurs neuf missions en Angola se trouvent dans la région atteinte immédiatement par les conflits commencés en 1975 et qui ont dégénérés en guerre civile. Ces derniers temps, la mission de Ganda avait été le théâtre, à plusieurs reprises, d’attentats, mais c’est la première fois que des personnes sont enlevées par des forces armées.

Les missionnaires de La Salette sont sur place depuis 1946. Depuis décembre 1998, les combats entre les forces gouvernementales et les rebelles de l’UNITA ont repris. Dès lors près de 600’000 Angolais ont du prendre la fuite pour rejoindre d’autres lieux à l’intérieur du pays. (apic/com/job/ba)

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