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Slovaquie: 50 ans de profession religieuse pour 6 salésiennes « rescapées » de la persécution
Bratislava, 25 juillet 2000 (APIC) Six salésiennes slovaques « rescapées » de la persécution célèbrent cet été le 50e anniversaire de leur profession religieuse, le 60e anniversaire de présence de leur Institut en Slovaquie et, en même temps, l’érection de la quasi-province Saint-Jean Bosco de ce pays.
Le 29 août 1950, à Bratislava, en Slovaquie, 8 Filles de Marie Auxiliatrice (FMA) étaient soudainement contraintes par la police à monter à bord d’un camion pour être transportées dans des camps de concentration, où elles furent contraintes de vivre dans la clandestinité jusqu’en 1990.
Six d’entre elles, Vilma Sutková, Mária Cerná, Emilia Kubicová, Hedvika Norávková, Márina Rajtarová et Irena Skapcová ont célébré leurs 50 ans de profession religieuse en présence de Mère Antonia Colombo, supérieure Générale des FMA. Les religieuses, témoigne Soeur Rosalia Mernova, furent séparées de leur supérieure afin de les affaiblir moralement.
Toutes ont travaillé au cours de ces années dans des usines ou des fermes, toujours sous une étroite surveillance. Les conditions étaient les plus difficiles à Voderady, où les religieuses prenaient soin des malades et étaient logées avec les porcs et les moutons.
« Quand il pleuvait, raconte Soeur Vilma Sutková, nous n’avions même pas de quoi nous changer. Et dès qu’il cessait de pleuvoir, on nous obligeait à retourner aux champs, trempées jusqu’aux os. Notre chambre se trouvait au niveau inférieur de la cour. Durant les jours de pluie, le toit perçait. Certaines d’entre nous sont tombées malades et ont été transportées dans un autre camp.
Mais la stratégie adoptée consistait à nous séparer pour ne pas nous donner le temps de nous lier avec d’autres religieuses. « Quatre d’entre nous, poursuit Soeur Vilma, sont passées de Voderay à Sladeckove pour travailler dans un poulailler. Durant toute cette période d’isolement, il y avait entre nous une solidarité profonde et nous cherchions par tous les moyens à renouveler ensemble notre fidélité au Seigneur. Les religieuses d’autres congrégations montaient la garde à tour de rôle pendant que nous priions. Deux de nos supérieures, Soeur Stefania Bokorova et Soeur Antonia Hederova, ont été jetées en prison. Soeur Stefania y est restée pendant trois ans et demi environ, Soeur Antonia pendant quatre ans, presque entièrement vécus dans l’isolement. Ce n’est qu’en 1958 qu’elles ont été amnistiées. Et au printemps 1968 que les religieuses ont pu finalement retourner chez leurs parents et travailler dans la paroisse ». (apic/cip/pr)
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