Brésil: Une église baroque menacée par les termites
Rio de Janeiro, 28 juillet 2000 (APIC) L’église Saint-François de Sao Salvador da Bahia, le temple baroque le plus important du Brésil, est menacée par une invasion de termites. C’est l’un des témoins parmi les plus précieux du patrimoine culturel et religieux du pays qui risque ainsi de disparaître.
Construite durant la première moitié du 18e siècle, l’église est considérée comme le principal centre franciscain du Brésil. Chaque jour, des ornements sculptés dans le bois tombent du plafond et des murs à un rythme jamais vu auparavant. Il y a quinze jours, l’un d’eux a blessé une fidèle âgée de 60 ans qui priait sur l’un des derniers bancs de l’église.
Le temple a récemment fait l’objet d’une restauration – elle a duré douze années et a été terminée en 1992 -, à l’occasion de laquelle la structure en bois a été immunisée contre les insectes. Cela n’a pas empêché les termites de prospérer dans les immeubles voisins du centre historique de la ville, et ils reviennent aujourd’hui à la charge.
Sont déjà atteints les autels du Sacré-Coeur de Jésus et de Notre-Dame de la Gloire, situés tous deux dans le transept. Les termites ne sont plus qu’à quelques mètres de la chapelle latérale, où se trouve l’un des premiers exemplaires de la statuaire brésilienne, une oeuvre réalisée par Manuel Inácio da Costa entre 1790 et 1793.
Menacée encore, parmi des dizaines d’oeuvres dont la sauvegarde nécessite des mesures urgentes, la statue de Saint-Pierre. Toutes les statues qui ornent l’édifice, dont l’achèvement a demandé 40 années, pourraient disparaître d’ici peu. Il y a trois ans, un frère allemand, Lucas Dolle, gardien du couvent et de l’église Saint-François, est venu de Pernambouc à Bahia pour administrer le centre franciscain. Il passe son temps à ramasser les morceaux.
Tout ne pourra pas être sauvé, mais il ne désespère pas qu’on pourra récupérer le temple, l’un des rares à avoir échappé à la fièvre néo-classique qui a défiguré les églises de Bahia durant la seconde moitié du 18e siècle, et restaurer au moins les statues qui ont «une valeur affective, sacrée et historique inestimable». Même s’il sait déjà qu’il ne pourra pas compter sur l’aide de l’Institut du patrimoine artistique et culturel de Bahia (IPAC), faute de ressources suffisantes. (apic/cip/pr)
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