Colombie: Mission d’observation d’une Commission européenne de «Justice et Paix»

Déplacement forcé des populations: gouvernement montré du doigt

Bogota, 31 mai 2000 (APIC) Plusieurs centaines de milliers de Colombiens déplacés de force de leurs terres en raison de la violence qui ravage la Colombie depuis près de 40 ans vivent dans des conditions inhumaines. Une délégation des Commissions «Justice et Paix» d’Europe a pu une nouvelle fois s’en convaincre. Et s’étonner de l’absence de mesures gouvernementales pour tenter de mettre fin à ce drame humain.

De retour d’un voyage du 4 au 15 mai, des délégations de «Justices et Paix» d’Autriche, de Belgique, d’Espagne, de France et de Hollande, ont visité plusieurs communautés de familles déplacées de force, pour notamment recueillir les témoignages de populations qui luttent depuis des années dans des conditions de vie inhumaine afin de retrouver leurs terres.

«Nous avons pu constater, relève un communiqué de «Justice et Paix» d’Espagne, comment des populations étrangères aux conflits armés sont les principales victimes des atrocités de la guerre. Comment ces communautés voient semaine après semaine disparaître des membres de leurs familles, assassinés».

La délégation européenne s’étonne en outre du manque de volonté du pouvoir pour mettre fin à l’impunité généralisée qui entoure les crimes. Ce qui, souligne-t-elle, enlève «toute crédibilité à un Etat qui ne fait pas son devoir: celui d’exercer la justice».

Selon les Commissions européennes de «Justice et Paix», le problème du déplacement forcé des populations reflète en réalité une problématique beaucoup plus dramatique. Il met en évidence la grave question de l’injustice sociale et du déséquilibre en matière de distribution de la richesse dans ce pays. Les délégations en appellent aux acteurs du conflit pour qu’ils respectent les droits de l’homme et aux instances internationales pour faire respecter en Colombie le droit international humanitaire.

«Justice et Paix» d’Europe a non seulement rencontré les gens victimes des déplacements forcés, en d’autres termes, les exilés sur leurs propres terres, afin de recueillir leurs témoignages, mais aussi les principales autorités du pays, y compris au niveau de la justice. «Nous avons pris note avec stupéfaction de l’impuissance admise par le procureur général de Colombie d’exercer ses fonctions et de faire appliquer la justice en raison du climat d’insécurité qui règne dans ce pays».

Doctrine sociale de l’Eglise

La délégation s’est en outre entretenue avec les divers secteurs de l’Eglise catholique colombienne, qui accompagnent les victimes de la violence et luttent pour dénoncer l’impunité. «Nous leur demandons de redoubler d’effort en faveur de la diffusion de la doctrine sociale de l’Eglise entre le clergé et les laïcs».

Les Commissions européennes de «Justice et Paix» se tournent enfin du côté des gouvernement et des institutions européens pour qu’ils aident à trouver une solution dans le cadre des accords globaux sur le respects des droits de l’homme et du droit international. 53 Etats ont en effet approuvé la déclaration émise lors de la 56e session de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, qui portait sur le conflit colombien. (apic/com/pr)

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