(1) «Tout ce qui est donné n’est pas perdu». Edition Desclée de Brouwer, 112 p.

Rome: Jubilé des Migrants et des Itinérants

Musiques exotiques et habits colorés sur la place Saint-Pierre

Rome, 2 juin 2000 (APIC) Jean Paul II a dénoncé les discriminations et les attitudes de fermeture et même de refus de la société actuelle envers «l’étranger», lors de la messe de clôture du Jubilé des Migrants et des Itinérants qu’il a présidée sur la place Saint-Pierre dans la matinée de vendredi.

C’est une foule hétéroclite et très colorée que le pape a devant les yeux lorsqu’il prend la parole. «Parmi vous, il y a des migrants de différents pays et continents, commente-t-il: des réfugiés qui ont fui des situations de violence et qui demandent à ce que soient reconnus leurs droits fondamentaux; des étudiants étrangers voulant approfondir leur formation scientifique et technologique; des gens de la mer et de l’air qui travaillent au service de ceux qui voyagent ; des touristes dont l’intérêt est de connaître des nouveaux paysages et des us et coutumes différents; des nomades qui, depuis des siècles, parcourent les routes du monde; des gens du cirque qui portent des attractions et de sains divertissements sur les places publiques».

«Personne n’est étranger»

«Pour l’Eglise catholique, personne n’est étranger, personne n’est exclu, personne n’est lointain», réaffirme Jean Paul II avec force dans son homélie. «Malheureusement, ajoute-t-il, il existe encore dans le monde des attitudes de fermeture et même de refus, qui sont dues à des peurs injustifiées et au repli de chacun sur ses intérêts propres». Le pape prône alors la «fraternité» et «l’art de vivre les différences dans la convivialité».

«Dans une société comme la nôtre, complexe et marquée par des tensions multiples, souligne-t-il encore, la culture de l’accueil de l’autre exige des lois et des normes prudentes et clairvoyantes, qui permettent de mettre en valeur le sens positif de la mobilité humaine». Pour le pape, l’Eglise est porteuse d’une proposition précise: «Tout mettre en oeuvre pour que notre monde, que l’on considère souvent comme un ’village global’, soit vraiment plus uni, plus solidaire, plus accueillant».

Symboles du monde entier

Différents symboles ont marqué cette célébration jubilaire des migrants et itinérants. Avant la messe, 80 enfants italiens ont lâché des ballons multicolores alors qu’une prière était lue «pour que soient dépassées toutes divisions entre cultures, ethnies et religions». Du tagalog philippin au sri-lankais, en passant par la langue des Tziganes ou le swahili africain, c’est une multitude de langues qui a été utilisée tout au long de la liturgie, aussi bien lors des intentions de prières que dans la succession des différents choeurs de chant. Les guitares et les tambourins des Gitans, tout comme les flûtes de pan des Latino-américains, ont également eu leur place.

Quant aux gens de la mer, une flottille étant partie du port israélien de Haifa le 12 mai pour effectuer un pèlerinage maritime de Jérusalem à Rome sur les traces de saint Pierre. Ils ont apporté au pape un souvenir: une barque en bois, en mémoire de la barque utilisée par l’apôtre Simon Pierre.

A la fin de la cérémonie, toujours vêtu de ses vêtements liturgiques, le pape est monté dans une voiture noire décapotable pour un dernier bain de foule dans le chatoiement de couleurs des saris indiens, des vêtements flamboyants des Tziganes et des robes bigarrées des femmes africaines. (apic/imed/ba)

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