Timor oriental: Une «ère nouvelle» s’ouvre les protestants du Timor

Mettre l’accent sur la reconstruction

Tomohon, (Indonésie) 12 juin 2000 (APIC) Pour le protestant Francisco de Vasconcelos, secrétaire général de « l’Eglise chrétienne du Timor oriental », le retrait de l’Indonésie de son pays l’an dernier signifie qu’une « ère nouvelle » s’ouvre pour son Eglise. Il veut mettre l’action sur la reconstruction et souhaite donner un nouveau nom à son Eglise.

Durant les décennies d’occupation du Timor oriental par l’Indonésie, qui a envahi l’ancien colonie portugaise en 1975, la langue et la culture indonésiennes ont dominé la vie de la petite Eglise protestante, minuscule par comparaison avec l’Eglise catholique romaine à laquelle appartiennent la majorité des Timorais.

L’Eglise comprenait, pratiquement en nombre égal, des Indonésiens et des Timorais. Néanmoins, les Timorais « sont devenus marginalisés » au sein de leur Eglise, a fait remarquer Francisco de Vasconcelos. Ce dernier a capté l’attention mondiale en septembre dernier lorsque les journaux ont annoncé qu’il avait été tué par des milices anti-indépendantistes. En fait, avec 200 personnes qui s’étaient réfugiées dans son église, à Dili, capitale du Timor oriental, il avait fui vers les montagnes pour échapper aux violences et c’est durant cette fuite qu’il a entendu l’annonce de sa mort à la radio.

« L’Eglise chrétienne du Timor oriental » a été fondée en 1988, mais il y avait de petites communautés protestantes au Timor oriental avant l’invasion indonésienne, a expliqué Francisco de Vasconcelos au journaliste d’ENI, à Tomohon, où il assistait à la 11e Assembléée générale de la Conférence chrétienne d’Asie (CCA), durant laquelle son Eglise est devenue membre de la CCA.

La situation a beaucoup changé depuis octobre de l’an dernier, lorsque l’Indonésie s’est retirée du territoire, à l’issue d’un référendum organisé par les Nations Unies en août et au cours duquel la grande majorité des Timorais ont voté en faveur de l’indépendance. Mais, avant de se retirer, l’armée indonésienne et les milices anti-indépendantistes ont engagé une campagne de violence, semant la mort et la destruction sur leur passage.

Une Eglise qui a perdu la moitié de ses membres

La composition de l’Eglise a aussi considérablement changé ces 12 derniers mois. Avant le retrait de l’Indonésie, l’Eglise comptait quelque 35’000 membres, 38 pasteurs et 48 « évangélistes » – laïcs qui participent à la célébration des cultes – dans 66 paroisses. Aujourd’hui, la plupart des fidèles indonésiens étant partis, il reste entre 15’000 et 17’000 membres, avec seulement 12 pasteurs – dont la plupat sont encore au Timor occidental, où ils se sont réfugiés pour échapper aux violences.

Cette Eglise très minoritaire voudrait ouvrir une école pour former leurs pasteurs. Elle veut changer en outre son nom pour devenir « l’Eglise protestante du Timor oriental », car nombreux sont ceux, a expliqué Francisco de Vasconcelos, qui ne réalisent pas que c’est une Eglise protestante et qu’il y a des protestants au Timor oriental.

Ce qui est nécessaire au Timor, c’est la reconstruction, tant culturelle que matérielle, a-t-il conclu. « Nous avons été colonisés par le Portugal pendant 450 ans, par l’Indonésie 24 ans. Aujourd’hui nous devons reconstruire notre culture et nos relations entre Timorais par la théologie, la mission et l’évangélisation. » (apic/eni/ba)

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