Australie: Des responsables d’Eglises se mobilisent pour promouvoir la réconciliation
Melbourne, 16 juin 2000 (APIC) Les responsables de huit Eglises australiennes viennent d’achever un pèlerinage de réconciliation de 3’000 kilomètres en bus en direction d’Uluru, au centre de l’Australie pour promouvoir la réconciliation.
Ce pèlerinage au coeur de l’Australie, occasion de «juste réconciliation entre les races, les cultures, et les Eglises», a commencé le 4 juin dans la capitale australienne, Canberra. Le voyage s’est ensuite achevé sept jours plus tard à Uluru par un service oecuménique de Pentecôte célébré dans ce désert du centre de l’Australie, avec les Mutitjulu, propriétaires traditionnels du rocher, un des symboles les plus forts de la nation et de la spiritualité autochtone.
Le pèlerinage s’inscrit dans le cadre des célébrations finales de Corroboree 2000, série d’événements marquant une décennie de réconciliation entre les citoyens autochtones et non autochtones. Il coïncide aussi avec la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le voyage a commencé une semaine après la traversée du grand pont de Sydney Harbour Bridge par 200’000 personnes qui voulaient symboliser le rapprochement entre les Australiens noirs et blancs, et s’est terminé le jour où 55’000 personnes ont entrepris une démarche semblable à Adelaïde, ville d’un million d’habitants.
Excuses aux populations aborigènes?
Ce pèlerinage intervient aussi en un temps de division: le Premier ministre australien, John Howard, refuse de présenter des excuses aux populations aborigènes pour la façon dont elles ont été traitées depuis l’établissement des Blancs, il y a plus de 200 ans. Un geste attendu plus particulièrement par les «générations volées», enfants aborigènes arrachés à leurs familles et placés au sein de familles blanches dans un effort d’assimilation, processus qui a continué jusque dans les années 70.
Le Premier ministre soutient que les Australiens ne peuvent être rendus aujourd’hui responsables des erreurs commises par leurs prédécesseurs. Les sondages montrent que de nombreux Australiens sont de cet avis – dans la circonscription électorale de John Howard, la riche banlieue de Bennelong, au nord de Sydney, 52 % estiment qu’il n’est pas nécessaire de présenter des excuses.
Alors que certains Aborigènes réclament un traité officiel entre les Australiens blancs et noirs, processus que le Premier ministre considère comme un sujet de discorde – d’autres pensent que le pays n’est pas encore prêt. Pour d’autres encore, comme l’avocat autochtone Noel Pearson, briser la culture de dépendance sociale chez les autochtones est plus important que n’importe quel traité. (apic/eni/mk/pr)
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