Le principe des ministères ordonnés ne peut être remis en cause

Suisse: Critiques adressées à Herbert Haag, la Conférence des évêques précise sa position

Fribourg,

(APIC) La discussion théologique sur la question des ministères n’est pas considérée comme close ou interdite, mais le principedes ministères ordonnés ne peut être remis en cause, estime la Conférence des évêques suisses (CES).

Dans une lettre adressée aux signataires de la déclaration de soutien au théologien lucernois Herbert Haag – dont les positions sur le ministère ordonné ont été vivement critiquées en janvier dernier par la CES – les évêques suisses rappellent que le principe des ministères ordonnés fait partie de la substance de la foi de l’Eglise catholique et de la plupart des autres Eglises chrétiennes.

Le théologien lucernois de 85 ans, professeur émérite d’Ancien Testament à l’Université de Tübingen, en Allemagne, prétend que le prêtre n’est pas nécessaire pour célébrer l’eucharistie et que le ministère presbytéral est une invention de l’Eglise et non du Christ lui-même. La CES avait alors vivement réagi, parlant dans un communiqué d’incitation à des «comportements schismatiques».

Le débat n’est pas clos

Dans une lettre adressée aux signataires de la déclaration de soutien au théologien Herbert Haag et publiée lundi à Fribourg, la CES rappelle que la discussion ne peut faire fi de la tradition catholique à laquelle appartient le ministère ordonné. Le principe des ministères ordonnés ne peut être mis en question, écrivent le secrétaire général de la Conférence des évêques suisses (CES), le Père Roland-Bernhard Trauffer, et le président de la commission théologique de la CES, le Père Adrian Schenker.

Au début de l’année, les évêques suisses avaient retiré leur confiance à Herbert Haag en raison des thèses «indéfendables» soutenues par le professeur lucernois sur la question de la pénurie des vocations sacerdotales. Herbert Haag conteste notamment le fait que l’Eucharistie ne puisse être célébrée que par les prêtres. A la mi-mars, nonante personnes, parmi lesquelles plusieurs professeurs de théologie, avaient exprimé leur appui au théologien, et reproché aux évêques d’avoir condamné Herbert Haag sans tenir compte de ses mérites et de ne pas prendre au sérieux sa préoccupation face à l’évolution de l’Eglise. Dans sa réponse, la CES précise que ni les qualités du professeur Haag ni sa motivation, «qui sont dignes de respect», ne sont en cause et qu’il serait faux d’interpréter le désaveu du professeur Haag comme la volonté de clore ou d’interdire toute discussion théologique sur les ministères.

Le dominicain Roland-Bernhard Trauffer et le professeur Adrian Schenker indiquent cependant clairement le cadre dans lequel cette discussion théologique doit se dérouler. Il faut tenir compte de la tradition catholique à laquelle se rattache le ministère ordonné. Le débat ne peut porter sur le principe des ministères ordonnés parce qu’il fait partie intégrante de la substance de la foi de l’Eglise catholique et de la plupart des autres Eglises chrétiennes. Les deux théologiens font ici référence à la déclaration de convergence intitulée «Baptême, Eucharistie, Ministère» publiée par la Commission «Foi et Constitution» du Conseil œcuménique des Eglises, après sa session de 1982 à Lima. (Cf. Document de Lima, BEM).

Dans ce cadre, il va de soi que l’on peut et l’on doit discuter de la forme concrète du ministère ordonné et de ses rapports avec les ministères non-ordonnés, en fonction des conditions dans lesquelles vit l’Eglise d’aujourd’hui dans les différents pays du monde. (apic/com/job/mjp)

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