La vie des réfugiés est devenue un enfer

Philippines : Fête-Dieu pour la paix à Mindanao

Manille, 25 juin 2000 (APIC) La Fête-Dieu, célébrée aux Philippines le dimanche 25 juin, est dédiée à la mémoire des victimes du conflit de Mindanao et à la prière pour la paix. Mgr Dinualdo Gutierrez, évêque de Marbel (Cotabato, Mindanao), en accord avec les autres évêques de l’île, a proclamé ce dimanche «Journée nationale pour la paix».

A Mindanao, une confrontation armée est en cours entre les guerriers islamistes séparatistes du «Moro Islamic Liberation Front» (MILF) et l’armée régulière philippine. «Abu Sayyaf», un autre groupe armé séparatiste, tient en otage 21 personnes dans l’île de Jolo depuis le 23 avril.

Dans les diocèses concernés, à la fin de la célébration des messes de la Fête-Dieu, les cloches des églises sonneront en signe de paix. Les offrandes récoltées durant la journée seront remises, par l’intermédiaire du secrétariat national de «Justice et Paix», aux populations victimes du conflit.

Mgr Gutierrez a aussi inauguré une collecte de biens et d’aliments dans les paroisses et les organisations catholiques engagées dans l’assistance humanitaire aux réfugiés. Intitulée «Un seul corps, une seule nation» , la campagne a pour but de susciter une solidarité envers les chrétiens et les musulmans et de promouvoir la réouverture des négociations. «Le conflit de Mindanao a engendré au moins 600’000 réfugiés chrétiens et musulmans, entraînant de graves conséquences surtout parmi les groupes les plus vulnérables «, a déclaré encore Mgr Gutierrez.

Le témoignage du curé de Pikit

Selon le Père Roberto Layson, curé à Pikit (Cotabato) et coordinateur des secours dans la région, les réfugiés vivent un véritable enfer. Il y a déjà en ville 5’000 familles de réfugiés (environ 40’000 personnes). La paroisse de Pikit est soutenue dans son assistance aux réfugiés par «Tabang Mindanao», une ONG née en 1998 pour assister la population de l’île.

Pikit a une population de 50’000 habitants, dont la moitié est catholique et le reste composé à égalité de musulmans et de protestants. Mgr Romolo Valles, évêque de Kidapawan, a écrit à Howard Dee, codirecteur de «Tabang Mindanao»: «Les centres pour réfugiés sont débordés. Il n’y a pas assez de nourriture. Des enfants affamés errent sans but. Les malades et les mourants sont de plus en plus nombreux. Il y a aussi de nombreuses personnes hors des camps de réfugiés, malades et affamées, terrorisées et sans espoir.

«Où nous entraînera cette tragédie?»

Mgr Valles insiste sur les conséquences morales du conflit : «La plus grande tragédie réside dans le coeur humain. Les musulmans se sentent persécutés par les chrétiens, les chrétiens pensent que les musulmans veulent les chasser de Mindanao. Où nous entraînera cette tragédie ?» (apic/cip/fides/ba)

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