« L’attentat contre le pape, un point culminant de cette histoire »
Rome, 26 juin 2000 (APIC) Le Message de Fatima est « la synthèse très profonde d’une histoire qui va au-delà de l’attentat du 13 mai 1981 », a affirmé le cardinal Joseph Ratzinger dans une conférence de presse à Rome donnée peu de temps après la publication intégrale du 3e secret de Fatima.
Pour le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, l’évocation dans ce message de la mort du pape, des évêques, de prêtres, de religieux et de religieuses, font allusion de manière générale à l’histoire de la persécution des régimes athées contre l’humanité et contre les chrétiens au XXème siècle. Le cardinal Ratzinger a toutefois affirmé « s’identifier » avec la conviction de Jean Paul II selon laquelle l’attentat du 13 mai 1981 subi par le pape a été « un point culminant » de cette histoire.
« Il ne faut pas trop prendre le message de façon trop historique », a insisté le cardinal Ratzinger. Les événements annoncés dans le message de Fatima n’étaient pas un « film » de l’avenir, mais expliquaient la « potientialité » de l’histoire, en laissant des possibilités de changements. Il reste toujours la liberté humaine », a souligné le cardinal.
Comment interprêter l’évocation de la Russie ?
Ainsi, pour le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, la « Russie », évoquée dans la deuxième partie du message de Fatima comme devant « répandre ses erreurs à travers le monde », peut être interprétée assez largement. « On ne peut pas et on ne doit pas considérer seulement le système communiste russe mais plus largement le problème des régime athées, a assuré le cardinal Ratzinger. Notre compréhension du message peut même aujourd’hui inclure le nazisme dans le mot ’Russie’. Cette interprétation va au-delà du texte mais correspond à son sens profond ».
D’après le cardinal Ratzinger, le message de Fatima voulait donc surtout évoquer des souffrances de manière générale, et leur donner « une réponse possible » en faisant prendre conscience que « la force de l’amour est plus forte que celle du mal, et que la mort n’a pas le dernier mot ». « Cette réponse est en particulier la pénitence, a-t-il affirmé, car la pénitencedonne de la force à l’amour contre la force du mal ».
C’est essentiellement pour une question de « prudence » que les papes qui ont précédé Jean Paul II avaient décidé jusqu’à présent de ne pas publier le troisième secret de Fatima, a encore expliqué le cardinal Ratzinger. « Il y aurait eu des spéculations, des instrumentalisations (…). Il ne fallait pas présenter une histoire inexplicable ». En outre, cela aurait pu, dans les années 60, troubler les « espérances » du Concile Vatican II.
Petit à petit, avec les années, le sens général du secret s’est éclairci dans ses grandes lignes, tandis que la béatification de deux des petits voyants le 13 mai 2000, et la fin du siècle, ont été une bonne occasion pour sa publication. « On peut toujours discuter de la politique de cette prudence, a commenté le cardinal Ratzinger. Je pense toutefois qu’il fallait attendre. Il fallait un temps de réflexion et de patience pour laisser mûrir le temps ».
Le cardinal Ratzinger a enfin attiré l’attention, dans son intervention, sur « le sens et l’importance de la Mère du Seigneur dans l’histoire du salut, et ainsi le sens et la valeur de la femme, de toute femme, dans l’histoire humaine », rappelés par le message de Fatima, tandis que Mgr Bertone résumait les deux « pivots » de l’histoire de l’humanité qu’il décrit, à savoir « l’action de Dieu et la co-responsabilité de l’homme dans sa liberté dramatique et féconde ». (apic/imed/ba)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse