Mais l’intérêt de la personne doit primer, dit le P. Colombo
Rome, 29 juin 2000 (APIC) Le Projet Génome est » une des aventures les plus fascinantes du génie humain » , qui marque l’entrée dans » une nouvelle ère scientifique » , estime le Père Roberto Colombo, responsable de l’unité de recherche en Biologie et Génétique humaine à l’Université Catholique de Milan.
Les scientifiques annoncent qu’on peut désormais lire le livre de la vie… » Pas trop vite ! » , conseille le Père Colombo, interrogé par l’agence Zenit (Rome). Pour le moment, nous possédons l’alphabet et nous commençons à avoir le dictionnaire. Ce ne sera pas facile d’arriver au texte complet du génome, à la signification de chaque expression, à la traduction dans les différents langages biochimiques. Il faudra encore des décennies pour y parvenir. De toute façon, ce qui nous intéresse, c’est affirmer que l’homme est grand lorsqu’il utilise la raison pour scruter la création et découvrir ses secrets ».
Ces découvertes posent bien entendu des problèmes éthiques et sociaux. « Comme dans n’importe quelle entreprise, la recherche doit viser le bien de toute personne humaine et de la société tout entière, tient à souligner le religieux. La connaissance du génome est un bien en soi mais on doit parvenir à cette connaissance en respectant la dignité inviolable des sujets sur lesquels les recherches sont faites. Et cette connaissance doit avoir des fins légitimes comme celle de prévenir et de guérir des maladies. Ce serait terrible si cette connaissance devenait un instrument de discrimination ou réduisait l’homme à de la pure matière biologique d’expérimentation ».
Il y a aussi de puissants intérêts économiques derrière ce Projet Génome… « Il y a eu des investissements énormes de capitaux publics et privés, relève le Père Colombo. Beaucoup espèrent en retirer des bénéfices. Ce qui importe, c’est que ces bénéfices soient justes et naissent d’applications licites. Quant à la disponibilité publique de ces données, il est clair que personne ne peut priver la communauté scientifique internationale des fruits d’une recherche comme celle-là. Ils font partie du patrimoine de l’humanité. Personne ne peut les garder pour soi. On doit les conserver pour toujours avec soin pour que personne ne les endommage. Prenons un exemple: celui qui imprime « La Divine Comédie » obtient un bénéfice éditorial ; l’essentiel est que ce chef-d’oeuvre puisse être lu par tous ». (apic/zn/pr)
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