Rome: Le pape Jean Paul II explique le sens de la commémoration des témoins de la foi
Rome, 7 mai 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II a expliqué lui-même dimanche le sens de la commémoration oecuménique des témoins de la foi qu’il allait présider le soir du 7 mai au Colisée romain, alors qu’il s’adressait aux pèlerins rassemblés sur la place Saint-Pierre, depuis la fenêtre de son appartement.
Pour le pape, le lieu choisi pour cette liturgie «parle de lui-même». «Le Colisée nous ramène aux origines du christianisme, a-t-il affirmé, quand tant de chrétiens de la première heure ont donné leur magnifique témoignage en devenant semences de nouveaux croyants».
«Le siècle qui vient de s’écouler a été traversé d’ombres obscures, a souligné Jean Paul II. Mais parmi elles, on distingue des lumières splendides. Les hommes et les femmes, chrétiens de toutes confessions, races et âges, sont nombreux à avoir témoigné de leur foi pendant les persécutions, en prison, au milieu de privations de tout genre, et beaucoup d’entre eux ont même versé leur sang pour rester fidèles au Christ, à l’Eglise et à l’Evangile».
«Faire mémoire des témoins héroïques de la foi du XXe siècle signifie préparer l’avenir en assurant des bases solides à l’espérance, a poursuivi le pape. Les nouvelles générations doivent connaître le prix de la foi qu’ils ont reçue en héritage, pour recueillir avec gratitude le flambeau de l’Evangile, et illuminer grâce à lui ce nouveau siècle et ce nouveau millénaire».
Une célébration au caractère oecuménique
Jean Paul II a insisté par ailleurs sur le caractère oecuménique de la célébration du 7 mai, en rappelant la part réservée à la lecture de témoignages de plusieurs chrétiens non catholiques, à savoir un texte du patriarche de l’Eglise orthodoxe russe Tichon, élu en 1917 et mort en 1925, une lettre d’un évêque anglican de Papouasie-Nouvelle Guinée, envoyé en camp de concentration en 1942, le témoignage d’un jeune médecin canadien baptiste, mort à 23 ans lors d’une épidémie de méningite au Nigeria, où il travaillait dans une léproserie parmi les musulmans, et enfin, un texte du catholicos arménien apostolique Karekine Ier, mort en juin 1999, sur les persécutions subies par le peuple arménien.
A ces documents a été rajouté le récit d’un prêtre catholique autrichien évoquant le pasteur luthérien allemand Leonhard Steinwender, mort au camp Buchenwald en 1939 après avoir été torturé. «Leur courage lorsqu’ils ont assumé la croix du Christ parle plus fort que les facteurs de division, a affirmé le pape. L’œcuménisme des martyrs est peut-être l’œcuménisme le plus convainquant. L’amour jusqu’au sacrifice purifie l’Eglise de ce qui peut freiner ou ralentir le chemin vers la pleine unité». Jean Paul II a conclu son message dominical en évoquant la Vierge Marie comme «martyre sous la Croix», et en lui demandant «que la mémoire des témoins de la foi aide tous les chrétiens à marcher ensemble avec plus de décision vers la pleine unité voulue par le Christ». (apic/imed/be)
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