Lettre du supérieur général des clarétins

Philippines : La mort du Père Gallardo a un sens évangélique

Manille, 8 mai 2000 (APIC) La mort violente du Père Rhoel Gallardo, tué par les guérilleros islamiques avec trois autres enseignants du Collège clarétin de Tumahubong, sur l’île de Basilan, a un sens. C’est le message adressé par le supérieur général des clarétins aux parents du missionnaire assassiné, à ceux des autres victimes de la violence et à tous les missionnaires de son Institut.

Le Père Rhoel Gallardo, clarétin, détenu depuis le 20 mars dernier par les rebelles musulmans du groupe «Abu Sayyaf», a été tué par balles le mercredi 3 mai près de Tumahubong, où il avait été séquestré il y a un mois et demi avec une trentaine d’élèves et d’enseignants. Arrivé à Manille dès qu’il eut appris la nouvelle de l’assassinat de son confrère, le Père Aquilino Bocos, supérieur général des clarétins, a pensé qu’il était urgent de clarifier la signification de cet événement.

A trois heures du matin, il a pris un stylo et du papier et a commencé à écrire une lettre aux parents de Rhoel Gallardo et des autres victimes, aux clarétins de la province philippine et à tous leurs confrères missionnaires à l’oeuvre dans le monde. Une soixantaine de lignes environ, empreintes de douleur et de pitié pour les victimes, mais aussi de gratitude pour la grâce du martyre, donnée à son confrère lors du 50e anniversaire de la canonisation du fondateur, saint Antoine-Marie Claret (Espagne).

Le Père Bocos insiste sur l’interprétation théologique à donner à la mort de Rhoel Gallardo. Il invite ses confrères à en comprendre toute la force pour l’avenir de la mission dans des situations dangereuses pour la proclamation de l’Evangile. La mort atroce du missionnaire et de ses compagnons rappelle la crucifixion, au moment où Jésus assure au bon larron qu’aujourd’hui même il sera avec lui au Paradis, écrit-il. «L’aventure de Rhoel n’est pas une histoire qui finit mal, c’est le choix conscient de travailler dans un contexte dangereux en proclamant l’Evangile «, ajoute le Supérieur général.

Le Père Rhoel «entre dans le cercle des martyrs qui ont donné une idée claire de la Congrégation durant ses 150 ans passés au service de l’Evangile. Accueillons cette mort comme un appel à la mission dangereuse accomplie pour le Royaume. Rhoel nous rappelle par sa mort que le Royaume de Dieu souffre violence. Et seuls ceux qui ont du courage peuvent coopérer à sa croissance», écrit encore le Père Bocos, avant de remercier Rhoel «pour avoir été auprès du peuple, auprès de ceux qui souffrent, des persécutés, et pour nous avoir enseigné à défendre les faibles «.

Le corps du Père Rhoel a été enterré mardi 8 mai dans le Himlayang Pilipino, le cimetière le plus proche du centre de formation des clarétins. On a eu la confirmation que le missionnaire, avant d’être tué, a été torturé. On a relevé trois décharges, dans la tête, dans l’épaule et dans le dos. Les ongles des index et des doigts de pied avaient été arrachés quelques jours avant qu’il ne soit abattu à bout portant. (apic/cip/mk)

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