Rwanda: L’accusation requiert la peine de mort contre Mgr Misago
Kigali, 10 mai 2000 (APIC) La peine de mort a été requise contre Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, accusé de génocide et crimes contre l’humanité, a indiqué Radio Rwanda.
Selon l’Agence romaine Misna, qui confirme la nouvelle, le procès est entré mardi dans sa phase de conclusion. Le procureur de la République a en effet requis la peine capitale, alors que les parties civiles attendent 10 millions de compensations pour les familles des victimes.
L’accusation a requis mardi la peine maximale après 6 heures d’audience, «en dépit de l’évidence des faits» et «bien que le procès ait démontré le contraire», commentent des observateurs cités pat l’agence missionnaire italienne Misna, ajoutant que «cette prise de position confirme l’enjeu politique du cas judiciaire».
La plaidoirie de la défense est prévue pour le 11 mai. Le prêtre, accusé de participation au génocide de 1994, a été arrêté l’an dernier. Cette accusation blesse profondément l’Eglise rwandaise et les instigateurs d’une plate-forme de réconciliation nationale. Mgr Misago est gravement malade et la prison met à dure épreuve sa santé fragile.
L’évêque de Gikongoro est poursuivi devant un tribunal de Kigali. Il est le premier haut responsable de l’Eglise catholique a être jugé au Rwanda pour sa participation présumée au génocide qui a fait entre 500’000 et 800’000 morts d’avril à juillet 1994.
La conclusion du procès pour génocide instruit depuis un an contre Mgr Augustin Misago, était initialement prévue pour le 12 avril. Elle avait été renvoyée au 17 avril, puis fixée finalement au 9 mai, en raison de l’état de santé précaire de l’évêque, notamment victime d’un malaise cardiaque.
Incarcéré depuis le 16 avril 1999 et inculpé de complicité dans le génocide de 1994, Mgr Misago a, depuis le 20 août dernier, a comparu une vingtaine de fois devant la Chambre spéciale du Tribunal de Première Instance de Kigali. Ses trois avocats ont eu fort à faire pour contrer les accusations sans preuves du ministère public ou des parties civiles, ainsi que les nombreuses tentatives d’intimidation de témoins à la décharge de l’évêque.
Malgré la terrible peine requise par le procureur, ses défenseurs sont optimistes sur l’issue du procès, principalement en raison de l’absence de preuves circonstanciées pour établir les faits que l’on reproche à l’évêque. (apic/mna/ag/pr)
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