L’Eglise catholique appuie le mouvement d’occupation des terres

Brésil: La tension monte entre les paysans sans terre et le gouvernement

Sao Paulo, 10 mai 2000 (APIC) Le Mouvement des paysans sans terre (MST), depuis le début mai, a fait la une des journaux brésiliens. Dans une mobilisation spectaculaire, 30’000 d’entre eux ont occupé des terres en friche et ont manifesté devant les palais des gouverneurs de 14 capitales d’Etats. Le gouvernement fédéral et des journaux à sa solde n’ont pas apprécié et se déchaînent contre le MST.

L’Eglise catholique par contre, à travers Mgr Tomas Balduino, président de la Commission pastorale de la terre (CPT), appuie l’occupation des terres. L’épiscopat unanime demande en outre une modification constitutionnelle pour limiter la taille des grandes propriétés rurales.

Le président de la République, Fernando Henrique Cardoso, demande que l’on crée une police spéciale à l’intérieur de la police fédérale pour que l’on arrête les meneurs paysans impliqués dans les manifestations publiques et les occupations d’édifices publics. De grands journaux accusent également le MST de favoriser le désordre en menaçant le patrimoine public. C’est ainsi que «Veja», le principal hebdomadaire brésilien, en première page, publie une photo-montage. On y trouve un immense drapeau rouge sur lequel est inscrit «la tactique du désordre».

Des actions nécessaires et saines

L’Eglise catholique, à travers le président de la Commission pastorale de la terre (CPT), Mgr Tomas Balduino, ancien évêque de Goias Velho, tient un autre langage. Dans un message donné à la radio «CBN», le président de la CPT déclare que «les occupations de terre entreprises par le MST sont des actions nécessaires et saines pour changer la structure agraire du Brésil. Le MST est d’ailleurs actuellement la seule opposition sérieuse au gouvernement fédéral. La répression du gouvernement contre les manifestants lors de l’occupation des palaces des gouverneurs est inadmissible. Un paysan sans terre a d’ailleurs été tué dans l’Etat du Parana», poursuit-il. Mgr Balduino conclut: «Les occupations de terre sont le commencement légitime de la réforme agraire, quand le gouvernement se croise les bras et ne fait rien dans ce sens».

La Conférence nationale des évêque du Brésil (CNBB) a décidé de recueillir un million de signatures pour demander une modification de la Constitution brésilienne. Un article, selon elle, devrait limiter la taille des grandes propriétés rurales. Objectif visé: aucune propriété agricole ne devrait dépasser 3’500 hectares. Cette proposition a été présentée par la CPT au cours de la récente Assemblée générale de la CNBB, la semaine dernière. La proposition qui a reçu l’appui unanime des évêques préésents.

Selon des statistiques publiées par les Nations Unies, le Brésil, juste après le Paraguay, est le deuxième pays au monde qui connaît la plus grande concentration de terres pour un seul grand propriétaire. (apic/plp/ba)

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