«Ces deux enfants ont pris au sérieux l’invitation de la Vierge à vivre intensément l’esprit de christianité», explique le Père Paolo Molinari, jésuite italien, postulateur de la cause de François et Jacinthe Marto. «Il faut remarquer qu’ils ont beaucoup prié pour les autres, mais qu’ils ne priaient pas pour eux-mêmes», ajoute-t-il.
Pour le Père Molinari, ce n’est donc pas d’abord parce que la Vierge leur est apparue que les deux enfants vont être béatifiés, mais plutôt pour «la cohérence de leur vie et le courage avec lequel ils ont affronté la maladie, en offrant leurs souffrances en expiation pour les péchés des hommes».
D’après le Père Molinari, ce ne sont pas moins de 262 lettres provenant des évêchés de 42 pays de tous les continents qui ont écrit à Rome pour demander la béatification des deux enfants, suite aux demandes et aux témoignages qu’ils recevaient dans leurs propres diocèses.
Né le 11 juin 1908, François était de tempérament plutôt réservé et priait souvent seul, voulant «consoler le Seigneur». Pendant les apparitions, il dut se contenter de voir la Vierge sans l’entendre, mais jamais il ne s’en plaignit. Au début de l’année 1918, il fut atteint de la grippe espagnole qui dégénéra en pneumonie. Il s’en rétablit un peu, mais annonçait sereinement à tous qu’il ne guérirait pas. De fait, il tomba de nouveau malade et mourut le 4 avril.
Née quant à elle le 10 mars 1910, Jacinthe, plus joyeuse et insouciante de caractère, devint beaucoup plus sérieuse à partir des apparitions, et se montra particulièrement soucieuse de se sacrifier en pensant aux pécheurs. Elle fut elle aussi atteinte de la grippe espagnole. D’après Lucie, elle reçut d’autres visites de la Vierge pendant sa maladie. Les médecins ayant diagnostiqué une pleurésie, elle fut hospitalisée à Villa Nuova de Ourem en juillet et août 1919. Elle ne parlait de ses souffrances qu’à sa mère et à Lucie, voulant les supporter par amour de Dieu. En janvier 1920, un médecin assura qu’elle pourrait être guérie en partant à Lisbonne pour y être opérée. Avant de partir, Jacinthe se rendit une dernière fois sur le lieu des apparitions. A Lisbonne, elle fut finalement accueillie dans un orphelinat où elle s’adressait à ses visiteurs avec des réflexions prouvant une maturité spirituelle supérieure à celle des enfants de son âge. Transportée à l’hôpital pour y être opérée, elle mourut le 20 février 1920. Les deux enfants furent enterrés dans le cimetière de Fatima, mais en 1951 et 1952, leurs corps furent transportés dans la basilique construite à l’endroit des apparitions. François avait donc 10 ans et 9 mois quand il est mort, et Jacinthe 9 ans et 11 mois. Jusqu’à présent, ils sont les deux plus jeunes béatifiés non martyrs pour lesquels un miracle a été approuvé sous le pontificat de Jean-Paul II. (apic/imed/pr)
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