APIC – Reportage
Le Christ chez les motards
Par Josef Bosshart, de l’Agence APIC/KIPA
Martigny, 12 mai 2000 (APIC) Comme chaque année, les motards du Haut-Valais étaient rassemblés à l’Hospice du Simplon pour une messe, pour participer à une célébration originale animée le 7 mai dernier par le curé de Ried/Mörel, Charles Weissen. Reportage.
Les quelques plaques de neige luisantes rappellent qu’à 2000 mètres, l’hiver vient à peine de tirer sa révérence. Et si, en ce premier dimanche de mai, les rayons d’un chaud soleil ne venaient, par moments, se faufiler entre les formations nuageuses, on aurait envie de mettre les gaz, de prendre le virage et de descendre le col, direction le sud. Pourtant, les motos aux chromes brillants sont alignées sur la grande place devant l’Hospice du Simplon. Il y a un an, 1000 engins étaient venus; aujourd’hui, ils sont encore plus nombreux. Une tendance croissante…
Depuis que l’ (les conducteurs de bécanes du Haut-Valais) décida, il y a quelques années, de commencer sa saison par une messe de bénédiction sur les hauteurs du Simplon, de nouveaux venus s’y joignent chaque année. Des Valaisans mais aussi des Bernois, des Alémaniques, des Romands, des Français, des Italiens, des Allemands.
Connu comme le loup blanc
Le curé de Ried-Mörel, en Valais, n’est pas étranger à ce succès. Car Charles Weissen, 56 ans, prêtre depuis 31 ans, est un des membres du club des motards. La veste en cuir noir, les bottes de cow-boy aux pieds, les cheveux disposés en une longue crinière, une douzaine d’anneaux à l’oreille et, sous la moustache de marin, un large sourire. Sur la poitrine du fan de moto, une croix en bois brune. Il aime son rôle de prêtre et il a conservé sa joie au fil des années parce qu’il s’est autorisé à vivre son individualité, assure-t-il. L’abbé Weissen est connu comme le loup blanc parmi les jeunes du Haut-Valais, et pas seulement à cause de son .
: d’une voix forte, Charles Weissen, revêtu d’une aube liturgique, commence la célébration. Une petite table en bois installée sur les escaliers de l’Hospice sert d’autel et, à côté du prêtre, également en habits liturgiques, se tient le diacre et conducteur de Kawasaki Edy Imhof, 49 ans. En dessous, sur la grande place asphaltée, les se tiennent en groupes.
Les classes d’âge varient de 20 à 70 ans, et plusieurs sont venus en couples, parfois pères ou mères avec leur(s) enfant(s). Celui qui voit les choses avec un peu de distance se tient sur la colline proche. L’ambiance est calme et recueillie. De temps à autre, une moto rugissante passe sur la route du col, proche. Les lourdes machines, décorées avec affection, laquées et polies, sont posées en ordre: Honda à côté de BMW, Ducati devant Yamaha, Aprilla derrière Harley-Davidson, et parfois un side-car.
Les freins intérieurs
Il faut parler et si possible exprimer avec ses mots ce qu’on veut dire; explique le curé Weissen à la fin de la célébration aux journalistes. Oui, estime-t-il, c’est ce qui compte le plus avec ce public, qui a les deux pieds sur terre: . Car ce public ne fréquente pas volontiers les églises.
Son discours est aussi franc que sa poignée de main: l’amour de Dieu n’est rien d’autre que l’air chez les motards, il nous entoure de tous côtés, et nous devons être le les uns pour les autres, dit Charles Weissen en allemand, en français et en italien. La plupart des participants ont appris sur leur engin, au moins une fois, que la vie peut tenir à un fil.
. Et c’est justement pour cela que nous nous sommes réunis là-haut, pour recevoir la bénédiction de Dieu. Car . Car si l’homme ne possède pas de frein intérieur, il est en danger de se détruire et de détruire les autres.
Non, c’est justement le contraire. .
Et bien sûr, à nouveau vêtu de sa carapace de cuir, il va se retrouver sur la photo de groupe avant de grimper sur la Kawasaki 500 du diacre Imhof pour redescendre le col côté nord. Les moteurs ronronnent, miaulent, crient, puis les motos démarrent au pas, fièrement, sous les applaudissements d’un corridor humain. L’air alpin, pur et cristallin, se charge soudain de vapeurs d’essence et, peu avant 13h, la grande Place devant l’Hospice du Simplon est à nouveau vide. Rendez-vous l’an prochain, au même endroit, à la même période. (apic/traduction de l’allemand de Bernard Litzler, de « L’Echo Romand »/jb/pr)
Les illustrations de ce reportage sont à commander à l’agence CIRIC: CIRIC, Chemin des Mouettes 4, CP 405, CH-1001 Lausanne. Tél. ++41 21 613 23 83 Fax. ++41 21 613 23 84 E-Mail: ciric@cath.ch
Etats-Unis: Les jésuites dénoncent la loi du marché
Washington, 12 mai 2000 (APIC) « Le moment est venu d’examiner avec rigueur les mécanismes des institutions financières internationales », peut-on lire dans l’éditorial du dernier numéro de l’hebdomadaire « America » des Jésuites Américains.
Dans la pratique, écrit l’éditorialiste, la déréglementation du commerce extérieur pousse les grandes maisons à entrer librement dans les marchés, à extraire des ressources sans se soucier de l’environnement, de la santé et de la sécurité.
Et de critiquer les interventions du Fonds Monétaire International, en faisant remarquer qu’en Indonésie celles-ci n’ont guère aidé l’économie, mais au contraire conduit à la dépression. Selon l’éditorialiste, le moment est donc venu de changer radicalement les règles financières et économiques, au profit de politiques de « développement durable », grâce à des normes précises qui « limitent l’exploitation aveugle des ressources des pays en voie de développement ». (apic/cip/pr)
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