Inde: Le premier archevêque catholique dalit de l’Inde pas rancunier

«Aucune rancune», apès les sévères attaques de son prédécesseur

New Delhi, 14 mai 2000 (APIC) Le 30 avril, un tournant a été marqué dans l’histoire de l’Inde, avec l’installation du premier archevêque dalit de l’Eglise catholique de l’Inde, Marampudi Joji, nommé à Hyderabad, capitale de l’Etat d’Andhra Pradesh, dans le sud de l’Inde, et aujourd’hui responsable de 90’000 catholiques.

Ironie du sort, la cérémonie d’installation du nouvel archevêque a été présidée par son prédécesseur, l’archevêque Samineni Arulappa qui, quelques semaines auparavant, avait provoqué une controverse en critiquant la nomination de Mgr Joji, ce que certains avaient vu comme un préjugé voilé à l’égard des Dalits. Malgré ceci, la cérémonie s’est déroulée sans heurts, et l’archevêque Arulappa a exhorté l’assistance à coopérer pleinement avec le nouvel archevêque.

La promotion de cet évêque de 57 ans – devenu évêque en 1992, il est un des trois Dalits parmi les 180 évêques catholiques de l’Inde – au rang d’archevêque est un événement important pour son Eglise et toute la communauté chrétienne du pays. Plus de 60 % des 16 millions de catholiques sont dalits; dans l’Etat d’Andhra Pradesh, plus de 80 % des chrétiens sont dalits.

Autrefois traités «d’intouchables» dans la société indienne régie par le système des castes, les Dalits (terme qui signifie «brisé, foulé aux pieds» en sanscrit) sont encore aujourd’hui exclus des quatre castes constituant le système – qui, selon les hindous, a l’approbation divine – et ils sont relégués au degré le plus bas de l’échelle sociale.

Avant l’installation du nouvel archevêque, les responsables catholiques se sont trouvés plongés dans l’embarras après les commentaires «malheureux» de son prédécesseur, l’archevêque Samineni Arulappa, qui a pris sa retraite le mois dernier. Après avoir annoncé lors d’une conférence de presse le 13 mars que Mgr Joji allait lui succéder, l’archevêque Arulappa avait en effet critiqué le choix du Vatican. Déclarant notamment à l’agence UCAN News que «Rome était menée en bateau et que le Vatican ne connaissait pas la réalité sur le terrain». Selon lui, plus de 95 % du clergé de l’archidiocèse de Hyderabad ont déploré le choix du Vatican. (apic/eni/pr)

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