Rwanda: Peine de mort requise contre Mgr Misago et plaidoirie de la défense
Kigali, 15 mai 2000 (APIC) Les audiences du procès contre Mgr Augustin Misago, évêque de Gikongoro, accusés de participation au génocide, se sont conclues jeudi 11 mai à Kigali (Rwanda). Un jour avant, l’accusation avait ni plus ni moins requis la peine de mort contre Mgr Misago. La sentence devrait être prononcée le 15 juin.
Au cours de la séance finale du 11 mai, les trois avocats qui défendent Mgr Misago, accusé de participation au génocide de 1994, ont démontré le manque de fondement des thèses soutenues par l’accusation. Les défenseur ont demandé l’acquittement du religieux, détenu depuis près de 13 mois dans les prisons rwandaises. Le président du Collège des juges a annoncé que la sentence serait probablement prononcée le 15 juin prochain.
Il ne reste en effet maintenant plus qu’à attendre. Après neuf mois, le procès contre Mgr Augustin Misago touche à sa fin. Il reste donc un mois d’ici le verdict, qui, on l’espère, concédera l’acquittement. Jeudi, les avocats de la défense ont démontré le manque de fondement des thèses de l’accusation qui a, elle, requis la peine capitale contre Mgr Misago.
Ceux qui ont suivi les questions rwandaises des 6 dernières années – depuis l’attentat qui mit fin à la vie et au régime de Juvénal Habyarimana, les meurtres d’au moins 500’000 Tutsis et Hutus modérés, à l’arrivée au pouvoir du Front Patriotique (FPR) de Paul Kagamé – savent que le dénouement de l’affaire Misago est, pour ainsi dire, escompté.
Selon l’Agence missionnaire Misna, elle répond à la logique d’un pouvoir qui, n’ayant pas de véritable base sociale et n’étant pas parvenu à normaliser ni à pacifier le pays, se maintient en surface sur deux fronts: extérieur, en combattant le voisin Ex-Zaïre (où entre 1996 et 1997 il a accompli un contre-génocide aux dépends des réfugiés hutus); intérieur, en étalant le génocide de 1994 avec la prémisse « nous sommes les victimes, ceux qui ne sont pas d’accord avec nous sont contre nous ».
L’Eglise catholique ne pouvait certes pas échapper à cette politique de régime. Elle a été plusieurs fois rappelée à l’ordre dans la claire intention d’en faire un instrument docile de Kigali. « Que l’Eglise rwandaise ait besoin de réfléchir sur elle-même, sur sa propre histoire, c’est un fait. Il est inutile de se le cacher, relève Misna. Certains de ses membres ne parviennent pas surmonter leur ressentiment, et cela ne sert pas la cause de l’Evangile. Ses divisions internes sont identiques à celles de la société dont elle fait partie intégrante. Vu sous cet angle, le cas judiciaire de Mgr Misago, dans sa gravité, peut aider à accomplir le premier pas d’un parcours de réconciliation dont les communautés chrétiennes et le pays ont besoin ». (apic/misna/pr)
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