Pakistan: A nouveau un chrétien emprisonné pour blasphème et insulte à l’islam
Faisalabad, 15 mai 2000 (APIC) Un chrétien pakistanais qui s’était converti à l’islam pour pouvoir épouser une musulmane, est retourné à sa religion d’origine. Mal lui en a pris, car il est actuellement en prison pour «blasphème envers le prophète Mahomet et envers son honneur». Les lois pakistanaises sur le blasphème, qui prévoient la peine de mort, ont été récemment amendées; elles restent cependant un redoutable instrument aux mains des islamistes.
Le jeune homme, Kingri Masih, habite Sherabad, près de Faisalabad, dans le Pendjab pakistanais. Il est également accusé d’avoir «mal parlé» contre l’islam, une accusation utilisée fréquemment contre les minorités vivant dans le pays, mais qui peut avoir de dangereuses conséquences. C’est la première arrestation de ce genre depuis que le général Pervez Musaharraf, au pouvoir à Islamabad, a annoncé le mois dernier l’adoption de mesures contre le «mauvais usage» des lois sur le blasphème, qui prévoient la peine de mort. L’inculpé devra désormais faire l’objet d’une enquête approfondie, alors qu’au cours des 16 dernières années, la police se basait simplement sur les dénonciations de tierces personnes.
La mort d’un évêque
C’est pour protester de manière spectaculaire contre une telle législation scélérate que Mgr John Joseph, évêque de Faisalabad, s’était suicidé le 6 mai 1998 à l’âge de 65 ans. Il s’était tiré une balle dans la tête en signe de protestation contre cette législation spéciale utilisée par les islamistes contre les chrétiens, une petite communauté qui représente 1,5% de la population du pays. Mgr John Joseph avait commis son acte pour dénoncer le tribunal de la localité de Sahiwal, qui avait condamné à mort pour blasphème un catholique du nom de Ayub Masih, dénoncé par un voisin musulman.
Président de la Commission pakistanaise «Justice et Paix», connu en Europe, l’évêque catholique de Faisalabad luttait désespérément depuis des années pour faire abolir ces lois visant les minorités religieuses, en particulier les ahmadis, un groupe d’obédience musulmane, mais considéré comme hérétique par l’islam orthodoxe… et les chrétiens. Les «lois sur le blasphème», une législation pénale datant de l’époque coloniale britannique, avaient été sévèrement renforcées en 1986, durant la dictature du général Zia-ul-Haq, qui avait le soutien des fondamentalistes islamiques. (apic/misna/be)
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