Afrique du Sud: Allan Boesak entame une peine de prison de trois ans
East London/Afrique du Sud, 16 mai 2000 (APIC) L’ancien militant de la lutte contre l’apartheid a été condamné à une peine de trois ans de prison ferme pour vol et escroquerie. Cet ancien pasteur – qui dans les années 80, était une figure respectée des Eglises et des organisations oecuméniques du monde entier qui versaient de l’argent dans son Fonds de lutte contre l’apartheid – sera détenu dans une cellule commune, sans privilèges spéciaux, selon les autorités de la prison. Allan Boesak se déclare pourtant innocent.
La Cour d’Appel a en effet condamné vendredi 12 mai Allan Boesak, 53 ans, à une peine de trois ans d’emprisonnement pour «irrégularités financières» commises alors qu’il était directeur de la Fondation «Paix et justice», aujourd’hui dissoute, qui avait été mise en place pour financer des activités contre l’apartheid et aider les victimes des politiques racistes de l’Afrique du Sud dans les années 80.
Ironie du sort, Allan Boesak va purger sa peine dans la prison devant laquelle il conduisait des rassemblements au début des années 80 pour demander la libération d’un autre opposant à l’apartheid, Nelson Mandela.
L’an dernier, la Haute Cour du Cap avait demandé une peine de six ans, peine qui a été réduite de moitié par les juges de la Cour d’appel. Les trois juges de la Cour d’appel ont en effet rejeté l’appel d’Allan Boesak contre deux condamnations pour le vol de 259’161 rands. Cet argent faisait partie d’un don de 682’161 rands pour le Fonds de secours à l’enfance mis en place par le chanteur américain Paul Simon pour aider les enfants victimes de l’apartheid. Allan Boesak a escroqué les administrateurs de ce Fonds en ne leur révélant pas le montant exact du don fait par Paul Simon. La seconde condamnation est liée à un détournement de fonds d’un montant pris à la Fondation «Paix et justice», qui lui a servi à payer les frais entraînés par son train de vie.
La tristesse de l’archevêque Desmond Tutu
Toutefois, les juges ont accepté l’appel d’Allan Boesak concernant sa condamnation pour vol de 762’521 rands, fonds versés par l’Agence de développement international suédoise (SIDA) et destinés à la production de cassettes audiovisuelles éducatives sur la démocratie. L’archevêque Desmond Tutu, ancien archevêque anglican du Cap, lauréat du prix Nobel de la paix et compagnon d’Allan Boesak dans la lutte contre l’apartheid, a exprimé, dans une déclaration faite le 13 mai, sa «profonde tristesse» à l’idée de voir un ancien pasteur et président de l’Eglise missionnaire réformée hollandaise aller en prison.
Ce sentiment a été repris par l’Eglise réformée unie d’Afrique australe qui, le 12 mai, a reconnu le rôle au sein de l’Eglise d’Allan Boesak. L’Eglise missionnaire réformée hollandaise, qu’Allan Boesak avait présidée, fait aujourd’hui partie de l’Eglise réformée unie d’Afrique australe. (apic/eni/pr)
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