Rome: Canonisation de 27 Mexicains par Jean Paul II le 21 mai 2000.

Morts au moment de la révolte populaire des « Cristeros »

Rome, 17 mai 2000 (APIC) Le pape Jean Paul II canonisera 27 Mexicains morts au XXème siècle ­ dont 25 martyrs – au cours d’une cérémonie qui se déroulera dimanche 21 mai 2000 sur le parvis de la basilique Saint-Pierre.

Les 25 futurs saints martyrs sont morts à la fin des années 20 au moment de la révolte populaire des « Cristeros », paysans catholiques hostiles aux mesures prises contre l’Eglise au Mexique. Ces paysans, dont l’oppression rappelle celle que vivent aujourd’hui « los campesinos » du Chiapas, prirent les armes lors de la persécution religieuse de 1926 à 1929. Parmi eux se trouvent 22 prêtres, qui assurèrent leur ministère pastoral dans un contexte de guérilla sans craindre de risquer leur vie. Avec trois laïcs que Jean Paul II va également canoniser, ils furent arrêtés et fusillés sans jugement, parfois après avoir été torturés.

Le plus connu de ces 22 prêtres est le Père Cristobal Magallanes Jara, (1869 ­ 1927), missionnaire parmi les indigènes et très fervent envers la Vierge. Avec lui ont été arrêtés le Père Roman Adame Rosales (1859 ­ 1927), prêtre connu pour son humilité, qui s’occupait de missions populaires, de catéchèse, des malades et des enfants, le Père Rodrigo Aguilar Aleman (1875 ­ 1927), prêtre poète, le Père Julio Alvarez Mendoza (1866 ­1927), également proche des enfants et des pauvres et réputé pour son caractère affectueux, et le Père Mateo Correa Magallanes (1866 ­ 1927), qui refusa de livrer les confessions des prisonniers qui s’étaient confiés à lui.

Avec eux sont morts également le Père Miguel de la Mora (1878 ­1927), prêtre simple, modeste et charitable envers les pauvres, le Père Pedro Esqueda Ramirez (1887 ­ 1927), spécialement préoccupé de la catéchèse des enfants, le Père Margarito Flores Garcia (1899 ­ 1927), le Père José Isable Flores Varela (1866 ­ 1927), le Père David Galvan Bermudez (1881 ­1915), qui fut fait prisonnier pendant des combats à Guadalajara, et le Père Pedro de Jesus Maldonado Lucero (1892 ­ 1937), attaqué dans sa paroisse par un groupe d’hommes armés.

Fondateurs de congrégations

On trouve aussi le Père Toribio Romo Gonzales (1900 ­ 1928), le Père Jenaro Sanchez Delgadillo (1876 ­ 1927), le Père David Uribe Velasco (1889 ­ 1927), le Père Tranquilino Ubiarco Robles (1899 ­ 1928), le Père Justino Orona Madrigal (1877 ­ 1928), le Père Jesus Mendez Montoya (1880 ­ 1928), le Père Agustin Caloca Cortes (1898 ­1927), le Père Atilano Cruz Alvarado (1901 ­ 1928), et le Père Luis Batis Sainz (1870 ­ 1926).

Enfin parmi ces prêtres se trouvaient deux fondateurs de congrégations, le Père Sabas Reyes Salazar (1883 ­ 1927), fondateur des religieuses Clarisses du Sacré-Coeur, qui fut fusillé après avoir été brûlé et torturé pendant trois jours, et le Père José Maria Robles Hurtado (1888 ­ 1927), fondateur de la Congrégation des Soeurs du Coeur de Jésus Sacrement, qui fut pendu à un arbre.

Avec eux seront canonisés trois laïcs qui furent arrêtés ensemble, dont deux jeunes garçons, David Roldan Lara (1902 ­ 1926) et Salvador Lara Puentes (1905 – 1926), estimés pour leur joie, leur générosité, leur honnêteté et leur sérieux dans leur travail, et très soucieux de l’apostolat et de la situation de l’Eglise. Enfin, un père de famille fut fusillé avec eux, Manuel Morales (1889 ­ 1926), membre de l’Action catholique de la jeunesse mexicaine.

19 procès furent instruits au Mexique pour ces 25 martyrs, rassemblant un total de 245 témoignages. Le premier eut lieu entre 1933 à 1944, celui du Père David Galvan Bermudez, tandis que les autres eurent lieu à partir des années 50: de 1954 à 1968, il y eut ainsi neuf procès pour onze martyrs, et de 1985 à 1988, neuf autres pour treize martyrs.

Deux non martyrs

Jean Paul II canonisera en même temps deux autres Mexicains non martyrs le 21 mai, José Maria de Yermo y Parres (1851 ­ 1904) et Maria de Jesus Sacramentado Venegas (1868 ­ 1959).

Né en 1851 dans une commune de l’Etat de Mexico, José Maria de Yermo y Parres fut élevé dans une famille chrétienne et de haut rang social. Il entra très jeune dans la Congrégation missionnaire de Saint Vincent de Paul, où il émit des voeux en mai 1869. Envoyé d’abord à Paris pour continuer ses études de théologie, il travailla ensuite pendant quelque temps dans les missions de l’archidiocèse de Mexico, mais dut revenir assez vite dans sa famille à cause de sa faible santé. S’interrogeant alors sur sa vocation, il finit par quitter la Congrégation de Saint Vincent de Paul en 1877 pour rejoindre le séminaire, et fut ordonné prêtre deux ans plus tard pour le diocèse de Leon. D’un grand enthousiasme apostolique, il se préoccupait particulièrement de la catéchèse des enfants et des jeunes, et était apprécié pour ses qualités de prédicateur et de directeur spirituel. Sa nomination dans un quartier pauvre de Leon devait beaucoup changer son ministère.

D’abord mortifié par cette mutation peu prestigieuse, il fut un jour bouleversé par la misère au point de se consacrer totalement aux pauvres notamment à travers la construction d’une maison d’accueil et la fondation d’une nouvelle famille religieuse, les Servantes du Sacré Coeur de Jésus et des Pauvres. Malgré les difficultés financières, des problèmes de santé, et l’incompréhension d’une bonne partie de ses amis, il poursuivit cette oeuvre en se préoccupant d’y faire participer des laïcs de bonne volonté, jusqu’à sa mort en 1904. Sa congrégation reçut l’approbation pontificale trois plus tard, et Jean Paul II le béatifia le 6 mai 1990 lors de son deuxième voyage au Mexique.

Née en 1868, Maria de Jesus Sacramentado Venegas se consacra assez jeune à la prière et à l’alphabétisation des enfants pauvres, à Zorrillos, dans l’Etat de Mexico. En 1905, elle entra dans la « Pieuse Union des Filles du Sacréé de Jésus » à Guadalajara pour s’occuper des nouveaux-nés à l’hôpital. Elle travailla là comme infirmière jusqu’à ce qu’elle soit chargée d’écrire les constitutions de cet Institut pour faire une congrégation dont elle devint Supérieure générale. Ces constitutions furent approuvées par l’archevêque de Guadalajara en 1920, et l’Institut devait connaître de 1934 à 1954 une grande expansion au Mexique, notamment sur la côte du Pacifique. Elle mourut en 1959.

Un pèlerinage jubilaire national du Mexique a été organisé à l’occasion de ces 27 canonisations par Jean Paul II, et des milliers de Mexicains sont attendus à Rome le 21 mai. Parmi eux seront présents le cardinal Norberto Rivera Carrera, archevêque de Mexico, et le cardinal Juan Sandoval Iniguez, archevêque de Guadalajara. (apic/imed/pr)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/rome-canonisation-de-27-mexicains-par-jean-paul-ii-le-21-mai-2000/